Une enquête menée par la Brigade de recherches de Keur Massar a permis de mettre au jour un réseau présumé d’escroquerie opérant dans le secteur de Jaxaay Extension. Huit personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.
Parmi les suspects figurent des étudiants, un élève, un maçon, un électricien, un chauffeur et une enseignante. Ils ont été présentés au procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye, le vendredi 18 septembre 2026.
Les mis en cause sont poursuivis, selon les éléments de l'enquête, pour association de malfaiteurs, escroquerie faisant appel à l'épargne publique et défaut d'ouverture d'un établissement public sans autorisation de l'autorité administrative.
Une enquête déclenchée par un renseignement
L'affaire a commencé à la suite d'un renseignement exploité par les enquêteurs de la BR de Keur Massar. Des gendarmes en civil ont progressivement identifié un groupe installé à Jaxaay Extension.
Le réseau se présentait sous le nom de « Qnet Infinity Millenials ». Les enquêteurs se sont rendus sur place afin de vérifier les informations recueillies.
Ils ont découvert une maison utilisée à la fois comme dortoir et comme salle de formation pour les personnes recrutées. Au moment de l'intervention, quatre responsables présumés et quatre autres membres du réseau se trouvaient sur les lieux et dispensaient des cours.
Vingt-quatre victimes identifiées
Au cours de l'opération, les enquêteurs ont identifié 24 personnes présentées comme victimes, dont 17 filles et 7 garçons. Toutes étaient de nationalité sénégalaise.
Les victimes ont été entendues dans le cadre de l'enquête avant d'être libérées.
Une perquisition effectuée dans les locaux a également permis aux gendarmes de saisir différents matériels, documents et produits liés aux activités proposées par le groupe.
Des promesses d'emploi contre plusieurs centaines de milliers de francs
Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, les personnes présentées comme des « leaders » utilisaient notamment une plateforme pour attirer de nouveaux adhérents.
Les candidats auraient été convaincus qu'ils pouvaient obtenir un emploi au sein d'une entreprise en échange du versement d'une somme comprise entre 600 000 et 900 000 francs CFA.
Le système reposait également sur la promesse d'une amélioration des conditions de vie et de revenus, présentée comme supérieure aux possibilités offertes par les circuits professionnels classiques.
Pour intégrer le réseau, les nouveaux adhérents devaient notamment débourser au moins 600 000 francs CFA afin d'acquérir un produit de leur choix. En contrepartie, ils devaient bénéficier d'une formation et de possibilités de revenus.
Une structure sans autorisation
L'enquête a toutefois révélé que les formations étaient dispensées dans un établissement présenté comme clandestin. Selon les constatations des enquêteurs, la structure ne disposait pas de l'autorisation administrative nécessaire à son fonctionnement et n'aurait pas versé les redevances correspondantes au Trésor.
Après les auditions et les opérations de perquisition, les huit suspects ont été déférés au parquet. La procédure judiciaire doit désormais permettre de déterminer les responsabilités individuelles dans cette affaire et l'ampleur exacte du préjudice éventuellement subi par les personnes recrutées.







