À Thiès, myAgro ouvre une nouvelle étape de son accompagnement du monde rural avec le lancement de Sama Mbey 3.0. Cette nouvelle saison place la digitalisation au cœur du dispositif afin de permettre aux producteurs de s’inscrire, d’effectuer progressivement leurs paiements et d’accéder plus facilement aux services proposés.
Pour Christophe Gondry, directeur pays de myAgro au Sénégal, cette évolution ne remet pas en cause le principe qui structure l’intervention de l’organisation depuis plusieurs années : permettre aux exploitants agricoles de constituer progressivement une épargne destinée à financer leurs besoins de production.
« Chaque producteur et chaque productrice a la possibilité d’épargner petit à petit pour pouvoir bénéficier, au bon moment, d’intrants de qualité », a-t-il expliqué lors de la cérémonie. Le dispositif concerne notamment les semences, les engrais, mais également des activités liées à l’aviculture et à l’agroforesterie.
Le téléphone au cœur du nouveau dispositif
La principale inflexion de Sama Mbey 3.0 réside dans l’autonomisation numérique des bénéficiaires. Selon Christophe Gondry, les producteurs pourront désormais accomplir eux-mêmes une partie des démarches auparavant réalisées avec l’assistance directe des équipes de terrain.
L’inscription au programme, les paiements progressifs et l’accès à différents services doivent ainsi pouvoir être effectués à partir du téléphone portable. L’objectif affiché est de réduire la dépendance à la présence physique d’un agent tout en maintenant l’accompagnement des producteurs.
Cette évolution s’accompagne de nouveaux outils de formation à distance. Le dispositif « Farmer Direct » doit notamment permettre aux exploitants d’accéder à des contenus et conseils au moment où ils en ont besoin. myAgro présente cette mutation comme une nouvelle étape de sa stratégie d’innovation dans les zones rurales.
De l’expérience du crédit à un modèle fondé sur l’épargne
Présente à la rencontre, Anushka Ratnayake, fondatrice et directrice générale de myAgro, est revenue sur la genèse du modèle. Elle a expliqué que son expérience initiale dans la microfinance lui avait permis de constater les difficultés rencontrées par de petits producteurs pour rembourser des crédits agricoles, notamment lorsque ces remboursements les contraignaient à vendre leurs récoltes à des périodes peu favorables.
Cette expérience a progressivement conduit à privilégier une logique différente : permettre aux agriculteurs de mobiliser de petites sommes tout au long de l’année afin de disposer, à l’approche de la campagne agricole, du montant nécessaire à l’achat des semences et des engrais.
Selon Anushka Ratnayake, cette approche répond à un décalage fréquemment rencontré dans le monde rural : les producteurs peuvent disposer de liquidités après les récoltes ou au fil de leurs activités commerciales, alors que leurs principaux besoins d’investissement agricole interviennent plusieurs mois plus tard.
Elle a également insisté sur trois principes qui, selon elle, ont accompagné le développement de myAgro au cours de ses quinze années d’existence : l’innovation, la fidélité à la mission de l’organisation et la résilience face aux difficultés rencontrées sur le terrain.
Les collectivités appelées à accompagner les initiatives rurales
Les représentants des collectivités et des services techniques présents à la cérémonie ont, de leur côté, insisté sur la nécessité d'une collaboration entre les acteurs du développement rural, les collectivités territoriales et les services de l'État.
Le représentant de la Ville de Thiès a notamment mis en avant les notions de confiance et de partenariat. Il a estimé que les actions menées en faveur de l’amélioration de la production agricole, de l’agroforesterie et des revenus des populations rurales méritaient d’être accompagnées par les collectivités territoriales et les structures publiques compétentes.
Il a également salué le recours aux nouvelles technologies, soulignant que les participants avaient pu expérimenter sur place la connexion à la plateforme et la commande de produits. À ses yeux, cette évolution constitue un levier susceptible de rapprocher davantage les services agricoles de leurs bénéficiaires.
Plusieurs responsables institutionnels présents à Thiès
La rencontre a réuni producteurs, équipes de myAgro, partenaires et représentants de plusieurs institutions. Parmi les personnalités et responsables signalés figuraient M. Manga, chef du Service départemental du développement rural ; M. Diop, représentant de la Ville de Thiès ; M. Dia, représentant de la Mairie de Thiès-Ouest ; Mme Ba, représentante de la Direction régionale de l’Élevage de Thiès ; ainsi que Dr Ndour.
Étaient également annoncés le capitaine Gueye, représentante de l’IREF de Thiès, le lieutenant-colonel Sow de l’IREF de Kaffrine et le professeur Ndiaye, recteur de l’Université Iba Der Thiam de Thiès.
À travers Sama Mbey 3.0, myAgro entend désormais étendre l’usage des outils numériques à l’ensemble du parcours du producteur, depuis l’inscription et l’épargne jusqu’à l’accès aux intrants et à la formation. Une transformation qui doit cependant conserver, selon ses responsables, le même objectif : permettre aux exploitants d’investir progressivement dans leurs activités et d’améliorer leurs revenus.






