Concert de clôture du 4 Avril à Thiès : Wally Seck enflamme la Promenade, mais la sono gâche la fête
Thiès attendait ce concert de clôture comme un grand moment populaire, un rendez-vous capable de prolonger la ferveur des festivités du 4 Avril dans une ambiance de communion totale. Avec Wally Seck en tête d’affiche, l’attente était immense. Et sur bien des aspects, l’artiste a répondu présent.
Dès son apparition sur scène, la Promenade des Thiessois a vibré sous les cris d’un public compact, enthousiaste et visiblement conquis d’avance. Il n’y avait pratiquement plus de place. Des jeunes venus de plusieurs quartiers, de Takhikao à Fahu, de Hersent à Diakhao, avaient effectué le déplacement pour voir de près celui que beaucoup considèrent comme l’une des plus grandes attractions du mbalakh moderne.
Wally Ballago Seck a imposé sa signature. Des envolées puissantes, des reprises à couper le souffle, une présence scénique assumée et cette manière bien à lui de faire monter la température d’un public déjà acquis à sa cause. Sur le plan du spectacle pur, le chanteur a assuré, offrant à Thiès une prestation de haute intensité.
Une ambiance populaire à la hauteur de l’événement
L’ambiance, elle aussi, était au rendez-vous. La soirée a été marquée par une ferveur remarquable, nourrie par la présence de personnalités connues et d’animateurs de l’espace festif comme Awa Banaya, Ndiole, Ndiap ou encore Mbaye Sy Ndiaye. Tous ont contribué, à leur manière, à renforcer le caractère exceptionnel de cette nuit de clôture.
La Promenade des Thiessois a ainsi offert le visage d’une ville totalement engagée dans son événement. Une foule dense, un enthousiasme débordant, une jeunesse venue de partout pour communier autour de la musique : tous les ingrédients d’une soirée historique semblaient réunis.
Le grand couac : une sonorisation en dessous des attentes
C’est précisément sur ce point que le bât a blessé. Car si Wally Seck a rempli sa part du contrat artistique, la sonorisation, elle, n’a pas été à la hauteur des attentes. Et dans une ville comme Thiès, cette faiblesse ne passe jamais inaperçue.
Réputée pour être une cité de mélomanes, de connaisseurs et d’oreilles exigeantes, Thiès ne juge pas seulement un concert à l’applaudimètre. Ici, la qualité du rendu sonore est une composante essentielle du spectacle. Or, de nombreux spectateurs ont déploré une sono trop faible, mal projetée et incapable d’assurer une écoute nette pour les personnes massées à l’arrière.
Selon plusieurs observations, les spectateurs entassés derrière, jusqu’à hauteur du tribunal, n’ont pas pu entendre avec la clarté nécessaire les sonorités du Faramareen. Une frustration d’autant plus grande que l’affluence avait largement dépassé le périmètre immédiat de la scène.
Pour beaucoup, aucun effort visible n’a été fait pour adapter la puissance de la sonorisation à l’ampleur réelle de la foule. Résultat : une partie importante du public a vu le concert, mais ne l’a pas véritablement vécu dans toutes ses dimensions.
Thiès, ville de musique, attend plus qu’un simple show
Ce constat n’est pas anodin. Thiès a une culture musicale profonde. Le public thiessois ne se contente pas de la présence d’une star ou de l’euphorie d’un moment. Il attend une expérience complète, une communion où l’émotion passe autant par la voix, les instruments, les percussions que par la puissance et la précision du son.
C’est d’ailleurs dans les échanges d’après-concert que ce diagnostic s’est imposé avec le plus de netteté. Certains festivaliers ont évoqué Youssou Ndour, non pas pour contester le talent ou l’aura de Wally Seck, mais pour souligner une différence de logistique sonore. Selon eux, si la musique est appréciée, celui qui parvient véritablement à faire vibrer physiquement la foule avec un arsenal technique redoutable reste le Roi du Super Étoile.
Cette comparaison, reprise dans plusieurs discussions, révèle surtout une attente forte : à Thiès, un grand artiste doit venir avec une grande ambition technique. Car lorsque le public se déplace massivement, l’organisation doit suivre en conséquence.
Un concert réussi artistiquement, frustrant techniquement
Le diagnostic de cette soirée de clôture est donc sans ambiguïté. Wally Seck a fait le spectacle. Il a donné de la voix, du rythme, du souffle et de l’intensité. Le public, lui, a répondu par une mobilisation exceptionnelle, dans une atmosphère de fête totale. Mais le seul véritable point noir de la soirée reste cette sonorisation qui n’a pas permis à tous de profiter pleinement de l’événement.
En d’autres termes, l’artiste a tenu sa promesse de faire exploser la Promenade par son énergie et sa prestation. Ce qui a manqué, c’est le dispositif technique capable de porter cette explosion jusqu’aux derniers rangs.
Pour les futurs grands rendez-vous culturels organisés à Thiès, la leçon mérite d’être retenue. Une ville de cette tradition musicale exige une rigueur technique à la hauteur de la ferveur populaire qu’elle sait mobiliser. La réussite d’un concert en plein air ne repose pas seulement sur la tête d’affiche, mais aussi sur la capacité à faire entendre chaque note, chaque reprise et chaque vibration à l’ensemble du public.
Cette fois, la magie de Wally Seck a sauvé l’essentiel. Mais avec une sonorisation à la hauteur, la Promenade des Thiessois aurait sans doute connu une nuit encore plus mémorable.