Les éléments de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et la traite des personnes (DNLT) ont démantelé une présumée filière clandestine de traite de personnes dans le quartier Kandialang, à Ziguinchor.
L'intervention des enquêteurs a permis de retrouver sept ressortissantes de Sierra Leone qui étaient retenues dans un logement. Parmi les victimes figureraient des mineures, dont une âgée de 14 ans.
À l'issue de leur garde à vue, Fatu Fofanah, surnommée Loveta, de nationalité sierra-léonaise, et Testimony Blessing, de nationalité nigériane, ont été présentées au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Ziguinchor.
Les deux mises en cause sont poursuivies notamment pour association de malfaiteurs, proxénétisme, traite des personnes à des fins d'exploitation sexuelle, extorsion de fonds, usage de faux documents administratifs et complicité de viol.
Recrutées avec de fausses promesses
Selon les éléments de l'enquête rapportés dans le dossier, les victimes auraient été recrutées en Sierra Leone sur la base de fausses promesses d'emploi au Sénégal.
Les enquêteurs ont établi que leur parcours passait notamment par Conakry, en Guinée, avant leur arrivée à Ziguinchor par voie terrestre.
Une fois sur place, les jeunes femmes auraient vu leurs passeports, documents de voyage et téléphones portables confisqués. Cette confiscation aurait eu pour objectif de les isoler de leurs proches et de limiter leurs possibilités de demander de l'aide.
Une dette de passage estimée à 1,5 million de francs CFA leur aurait ensuite été imposée. D'après les accusations rapportées dans le cadre de l'enquête, cette dette aurait servi de moyen de pression pour les contraindre à se prostituer au profit du réseau.
Les victimes auraient également subi des menaces et différentes formes de pression afin de les empêcher de s'échapper.
Un phénomène déjà signalé à Ziguinchor
Cette affaire rappelle d'autres dossiers de traite de ressortissantes étrangères enregistrés ces derniers mois dans la région de Ziguinchor.
Le 20 novembre 2025, une jeune Sierra-Léonaise aurait notamment été victime d'un recrutement frauduleux après avoir répondu sur Facebook à une offre d'emploi comme servante. Elle aurait ensuite été livrée à deux ressortissantes nigérianes et soumise à des pressions liées au remboursement d'une dette présentée comme étant de 2 millions de francs CFA.
Le 22 février 2026, trois autres personnes avaient également été déférées au parquet de Ziguinchor dans une affaire liée au recrutement frauduleux de ressortissantes sierra-léonaises.
Ces différentes procédures mettent en lumière, selon les éléments des enquêtes, l'existence de circuits de recrutement transfrontaliers exploitant la vulnérabilité de jeunes femmes à la recherche d'un emploi.
L'enquête se poursuit afin de déterminer l'étendue du réseau, d'identifier d'éventuels autres complices et de préciser le rôle de chaque personne impliquée.







