L’affaire a éclaté en juillet dernier à la suite des soupçons d’un père concernant les fréquentations et les absences répétées de sa fille. Selon le compte rendu de L’Observateur, repris dans l’article à l’origine de cette information, cinq jeunes ont ensuite été interpellés et poursuivis devant le tribunal de Diourbel.
Parmi eux figuraient deux jeunes femmes, F. Thiam et Nd. Y. Sylla, poursuivies notamment pour défaut de carnet sanitaire ainsi que détention et usage de drogue. Trois jeunes hommes, F. Diouf, A. K. Fall et M. T. Diop, étaient quant à eux poursuivis pour des faits liés au proxénétisme, à la complicité de proxénétisme et à la détention et l’usage de drogue.
Une affaire révélée après les soupçons d'un père
Selon les éléments exposés à l’audience, le père de F. Thiam, un émigré établi en Italie, aurait commencé à s’inquiéter du comportement de sa fille lors d’un séjour au Sénégal.
La jeune femme s’absentait régulièrement du domicile familial sans donner d’explications précises. Une absence de trois nuits consécutives, qu’elle aurait justifiée en affirmant avoir dormi chez une amie, aurait finalement renforcé les soupçons de son père.
Celui-ci aurait alors conduit sa fille au commissariat central de Diourbel afin que la situation soit éclaircie.
Lors de son audition, F. Thiam aurait reconnu consommer de l’ecstasy et aurait désigné son amie Nd. Y. Sylla comme étant celle qui lui fournissait cette drogue.
L’enquête s’est ensuite élargie aux relations des deux jeunes femmes. Les enquêteurs auraient notamment exploité les communications enregistrées sur leurs téléphones, ce qui aurait permis d’identifier trois autres personnes.
F. Diouf, A. K. Fall et M. T. Diop ont ainsi été interpellés avant d’être déférés au parquet.
À la barre, les prévenus livrent leurs versions
Bénéficiant d’une liberté provisoire avant leur procès, les cinq prévenus se sont présentés libres devant le tribunal.
À la barre, F. Thiam a reconnu une partie des faits, tout en contestant notamment avoir vendu de la drogue.
Elle a expliqué que sa situation serait liée à des difficultés financières après que son père aurait cessé de subvenir à certains de ses besoins.
La jeune femme a reconnu avoir consommé de la drogue avec des amis, mais a nié toute activité de vente de stupéfiants. Elle a également admis s’être prostituée, tout en affirmant avoir mis fin à cette activité.
Elle aurait par ailleurs indiqué devant les juges que les prestations étaient rémunérées entre 10 000 et 15 000 francs CFA.
Son amie nie la prostitution
Nd. Y. Sylla a, pour sa part, fermement contesté les accusations de prostitution et de proxénétisme.
Elle a toutefois reconnu consommer de l’ecstasy avec ses amis.
À la barre, elle aurait assuré avoir tiré les leçons de cette période et affirmé vouloir mettre un terme à cette consommation.
Les trois hommes contestent les accusations
F. Diouf a également nié tout lien avec la prostitution ou le proxénétisme.
Il a cependant reconnu avoir ramené de l’ecstasy depuis Dakar pour leur consommation personnelle. Il aurait expliqué qu’un ami lui fournissait gratuitement la drogue et qu’il ne mesurait pas, à l’époque, la gravité de ses actes.
A. K. Fall a affirmé, de son côté, n’avoir participé qu’une seule fois à une séance de consommation de drogue.
Quant à M. T. Diop, il a soutenu qu’il se contentait de transporter les deux jeunes femmes, sans connaître leurs activités.
Le verdict du tribunal
Au terme des débats, le tribunal de Diourbel a finalement relaxé M. T. Diop.
Les quatre autres prévenus ont été condamnés à un mois de prison ferme.
F. Thiam a également écopé d’une amende de 25 000 francs CFA. Elle a été reconnue coupable de défaut de carnet sanitaire ainsi que de détention et usage de drogue.
Nd. Y. Sylla, F. Diouf et A. K. Fall ont, eux, été reconnus coupables de détention et usage de drogue et condamnés à la même peine d’un mois ferme.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les conséquences judiciaires pouvant découler de la consommation de stupéfiants et des activités liées à la prostitution et au proxénétisme.







