Une ambition nationale face aux défis de la filière
Traduit du wolof par « S'unir pour faire progresser notre élevage », le mouvement affiche dès son nom sa feuille de route. Face aux difficultés chroniques du secteur: vol de bétail, accès aux intrants et gestion des couloirs de transhumance , les producteurs ont choisi la carte de l'unité.
L’organisation ne se veut plus locale, mais bien nationale. La présence physique de délégués venus de presque tous les départements du pays témoigne de l'urgence d'une réponse globale aux défis de la souveraineté alimentaire en protéines animales.
De la formation à la légitimité juridique
Cette grande réunion technique fait suite à un important programme de renforcement des capacités des éleveurs. Pour les initiateurs du projet, la formation théorique devait impérativement déboucher sur une structuration formelle.
La création de cette entité juridique (association ou Groupement d'Intérêt Économique) répond à trois impératifs majeurs :
- Légitimer l'expertise : Transformer les compétences individuelles acquises en une force collective reconnue.
- Sécuriser les flux financiers : Permettre l'ouverture de comptes bancaires transparents et la gestion rigoureuse des cotisations.
- Capter l'investissement : Offrir aux partenaires techniques et financiers (État, ONG, banques de développement) un interlocuteur légal et crédible pour le déploiement des fonds.
- Une représentativité qui pèse sur l'échiquier public
Le taux de participation à cette assemblée de formalisation constitue un signal fort envoyé aux autorités publiques.
En réussissant à fédérer les représentants du Ferlo, du bassin arachidier, de la Casamance et des zones périurbaines, « And Suxali Sunu Élevage » s'impose d'emblée comme un acteur incontournable des futures négociations sectorielles.
Le bureau national nouvellement élu a annoncé que la priorité immédiate restait le dépôt des statuts auprès des autorités administratives, avant le déploiement imminent de cellules d'encadrement dans chaque département du pays.