Une promesse de guérison découverte sur TikTok
L’affaire aurait commencé sur les réseaux sociaux. Après plusieurs années de mariage sans parvenir à avoir un enfant, le commerçant, identifié sous les initiales M. Fall, serait tombé sur une vidéo publiée sur TikTok par le suspect, M. Mbaye, un jeune homme originaire de Diourbel.Dans ses publications, ce dernier se présentait comme le représentant à Mbour d’un grand tradipraticien établi à Touba. Il faisait notamment la promotion d’un produit auquel il attribuait des vertus supposées contre l’infertilité masculine.
Espérant trouver une solution à sa situation, le commerçant aurait décidé de solliciter ses services. Mais ce qui devait être un traitement traditionnel aurait progressivement donné lieu à une succession de demandes financières.
De la poudre de citrouille vendue à prix exorbitant
D’après les éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, le produit présenté comme un remède traditionnel serait en réalité de la simple poudre de citrouille, dont la valeur marchande serait estimée à environ 1 000 F CFA.Pourtant, deux sachets auraient été vendus à M. Fall à 105 000 F CFA l’unité, soit 210 000 F CFA au total.
Le lendemain, le jeune homme lui aurait annoncé que le traitement complet nécessitait un versement supplémentaire de 500 000 F CFA, présenté comme une somme réclamée par le grand tradipraticien. Le commerçant aurait accepté de payer, espérant toujours obtenir le résultat promis.
Quelques jours plus tard, une nouvelle demande de 950 000 F CFA aurait suivi. Cette fois, le suspect aurait expliqué qu’il devait effectuer des opérations sur des billets de banque, présentées comme des talismans destinés à accompagner des bains rituels.
Un sacrifice annoncé, mais aucun bœuf livré
Les sollicitations financières ne se seraient pas arrêtées là. Le jeune homme aurait ensuite affirmé, après une prétendue consultation des étoiles, que la situation de son client était compliquée et qu’un sacrifice était indispensable pour débloquer le traitement.Il aurait ainsi réclamé 530 000 F CFA pour l’achat d’un bœuf destiné à ce sacrifice. Là encore, le commerçant aurait versé l’argent.
Cependant, selon le récit des faits, M. Fall n’aurait jamais vu la moindre trace de l’animal annoncé.
La situation aurait pris une nouvelle tournure lorsque le suspect lui aurait demandé de préparer 2 950 000 F CFA supplémentaires, qui devaient être remis lors de la réception de la bête. Cette nouvelle exigence aurait éveillé les soupçons du commerçant, qui commençait à craindre d’avoir été victime d’une escroquerie.
Ses inquiétudes se seraient accentuées lorsqu’il n’aurait plus réussi à joindre son interlocuteur par téléphone.
La police ouvre une enquête
Désemparé, le commerçant s’est alors rendu au commissariat central de Mbour pour déposer une plainte.Sous la conduite du commissaire de police Bakary Gningue, chef du pôle judiciaire, et sous la supervision
Le jeune homme a finalement été localisé, interpellé puis conduit dans les locaux du commissariat pour les besoins de l’enquête.
M. Mbaye aurait reconnu, lors de son audition sur procès-verbal, avoir profité de la vulnérabilité de sa victime pour lui soutirer de l’argent.
À l’issue de la procédure policière, il a été présenté au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Mbour, Augustin Yakhar Faye.
Des objets placés sous scellés
L’enquête a également conduit à la saisie de plusieurs objets placés sous scellés. Il s’agit notamment de deux calebasses, d’un linceul blanc, d’une enveloppe, de deux sachets de colle, d’un paquet d’aiguilles, d’un flacon d’eau de Zamzam, de quatre sachets de poudre de citrouille et d’une bouteille contenant des racines.Ces objets figurent parmi les éléments recueillis par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire.
Cette interpellation remet en lumière les risques liés aux promesses de guérison diffusées sur les réseaux sociaux, particulièrement lorsqu’elles ciblent des personnes confrontées à des difficultés personnelles ou familiales. Face à l’espoir de résoudre un problème aussi sensible que l’infertilité, certaines victimes peuvent être amenées à engager des sommes considérables sans garantie de résultat.
À ce stade, les faits rapportés relèvent de soupçons et de déclarations attribuées au mis en cause. La culpabilité du suspect devra être établie par la justice.







