La controverse entre le maire de la Ville de Thiès, Babacar Diop, et son homologue de Thiès-Est, Ousmane Diagne, prend une nouvelle dimension. Alors que les deux édiles multiplient les prises de position sur la gestion municipale et les interventions de la mairie de ville dans les communes, Me Habib Vitin invite à déplacer le débat sur un terrain qu’il estime prioritaire : la reddition des comptes sur l’utilisation des ressources publiques.
Le président du mouvement Thiès D’abord interpelle directement les responsables municipaux : « Rendez compte aux Thiessois d'où est-ce que vous avez mis l'argent de vos budgets. » À ses yeux, les échanges politiques ne devraient pas occulter une question essentielle pour les populations : quels moyens ont été mobilisés, quelles dépenses ont été effectivement exécutées et quelles réalisations ont été livrées dans les quartiers ?
Les 2,5 milliards de FCFA évoqués par Ousmane Diagne
La polémique s’est récemment cristallisée autour des financements dont aurait bénéficié la Ville de Thiès. Ousmane Diagne a notamment évoqué une enveloppe globale de 2,5 milliards de francs CFA, qu’il présente comme un concours de l’État à la collectivité.
Selon le maire de Thiès-Est, cette somme comprendrait 300 millions de francs CFA au titre des fonds de dotation, 700 millions destinés à l’électrification et 1,5 milliard provenant des fonds d’équipement des collectivités territoriales.
Ces chiffres, avancés dans le cadre de la confrontation politique avec Babacar Diop, posent désormais la question de leur traduction concrète dans les investissements réalisés à Thiès.
Habib Vitin questionne les dépenses d’électrification
Me Habib Vitin concentre notamment son interpellation sur le programme d’éclairage public conduit par la mairie de la Ville. Selon les chiffres qu’il avance, une enveloppe cumulée de 1 milliard 118 millions de francs CFA aurait été consacrée à l’électrification sur la période 2022-2026.
À partir de cette estimation, le président de Thiès D’abord soutient que les ressources mobilisées auraient pu permettre d’équiper l’ensemble des quartiers de la ville, à raison d’au moins 406 lampes par quartier.
Il demande ainsi que soient précisés le nombre de points lumineux effectivement installés, les quartiers bénéficiaires, les marchés exécutés, les montants engagés ainsi que le niveau réel d’exécution des différents programmes.
Ces chiffres et ce calcul sont avancés par Me Habib Vitin et nécessitent d’être confrontés aux documents budgétaires, marchés, décomptes et bilans d’exécution de la Ville de Thiès.
Des réponses documentées réclamées aux responsables municipaux
Au-delà du seul dossier de l’éclairage public, Me Habib Vitin entend placer la transparence financière au cœur du débat municipal. Il demande que les responsables concernés rendent publics des éléments permettant aux Thiessois de connaître précisément la destination des ressources budgétaires, les projets financés et leur niveau d’exécution.
Son intervention survient dans un contexte de tensions persistantes entre Babacar Diop et Ousmane Diagne. Le maire de Thiès-Est reproche notamment à la mairie de ville certaines interventions dans le périmètre de sa commune sans concertation qu’il juge suffisante. De son côté, le débat porte également sur l’origine et la visibilité des financements mobilisés pour plusieurs travaux.
Pour Me Habib Vitin, les divergences entre élus ne doivent cependant pas reléguer au second plan l’obligation de rendre compte aux citoyens. Il appelle ainsi à dépasser la confrontation politique pour ouvrir un débat fondé sur les budgets votés, les dépenses réellement exécutées et les réalisations constatables sur le terrain.
Dans une ville où l’éclairage public, la voirie et l’aménagement des quartiers demeurent au centre des préoccupations quotidiennes, la controverse pourrait désormais se déplacer des déclarations politiques vers les pièces comptables et administratives. Des documents qui permettraient d’établir avec précision les montants mobilisés et leur utilisation effective.







