Une œuvre de Papa Ibra Tall datant de 1964 se trouve au centre d’un appel à la protection du patrimoine à Saint-Louis. Dans une lettre ouverte transmise à Thièsinfo, Moustapha Camara demande aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour préserver cette réalisation monumentale, intégrée à l’École de l’élevage.
Le courrier s’adresse à Alpha Thiam, ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, à Cheikhou Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, ainsi qu’aux autorités de la République. Son auteur redoute les conséquences d’un projet de réhabilitation qu’il présente comme étant en cours. Il souhaite que la protection de l’œuvre soit assurée avant toute intervention susceptible de l’altérer.
Une composition murale datée de 1964
Les photographies jointes au dossier montrent une vaste composition sur la façade portant l’inscription « École de l’élevage ». Des formes animales stylisées, des motifs rayonnants et de longues lignes géométriques occupent le mur. Un cliché de détail permet de lire l’année 1964 et une signature au nom de Tall Papa Ibra.
Moustapha Camara dit avoir lui-même nommé cette œuvre « La Constellation de l’Élevage » depuis ses années de collège. Cette appellation, qu’il revendique dans sa lettre, traduit son attachement à une réalisation où il voit un lien entre la science, la jeunesse, la faune, la flore et la culture africaine.
Pour le communicant-documentariste, la présence de cette œuvre dans un établissement de formation justifie une attention particulière. Il demande que sa conservation soit prise en compte dans les décisions concernant le bâtiment et les travaux qui pourraient y être entrepris.
Le précédent de Thiès au cœur de son inquiétude
La lettre revient longuement sur la disparition de la mosaïque de Papa Ibra Tall à la place de France de Thiès, en janvier 2026. Le 6 janvier, Amadou Ba, alors ministre de la Culture, avait exprimé sa « vive indignation » et demandé au maire Babacar Diop des explications sur les circonstances de l’intervention.
La municipalité avait, de son côté, présenté les travaux comme une opération de restauration menée en relation avec les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs. Des acteurs culturels avaient contesté cette démarche et exprimé leurs doutes sur la possibilité de reproduire l’œuvre à l’identique.
C’est ce précédent que Moustapha Camara invoque pour demander une intervention préventive à Saint-Louis. « On ne peut restaurer une œuvre après l’avoir détruite ou effacée », écrit-il.
Trois mesures demandées aux autorités
L’auteur réclame d’abord une mission urgente de la Direction du patrimoine culturel à l’École de l’élevage, afin d’évaluer la situation de l’œuvre. Il demande ensuite sa protection et son classement officiel au patrimoine national.
Enfin, il souhaite associer les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs ainsi que l’École nationale des arts et des métiers de la culture à sa sauvegarde. Il leur propose de veiller à l’intégrité de la réalisation de Papa Ibra Tall.
La lettre porte ainsi une demande d’évaluation et de protection. Elle ne fait état d’aucune décision officielle de classement déjà obtenue. Moustapha Camara appelle les autorités à donner une suite concrète à ces trois demandes pour préserver l’œuvre de Saint-Louis.






