La gestion de la Ville de Thiès en cette fin de mandat soulève de sérieuses interrogations. À la lecture du Plan de Passation des Marchés (PPM) 2026, trois (03) marchés de prestations intellectuelles retiennent particulièrement notre attention.
Il s'agit du :
1 - marché C_THIES_071, relatif à l'assistance en matière d'affaires culturelles,
2 - du marché C_THIES_072, consacré au suivi des événements de la Ville,
3 - et du marché C_THIES_078, portant sur la formation des agents administratifs et des élus à l'organisation et au fonctionnement des collectivités territoriales.
Ces trois procédures, programmées entre le 12 et le 19 octobre 2026, sont lancées sous la forme de Demandes de Renseignements et de Prix à compétition restreinte (DRPR).
Une question fondamentale se pose : pourquoi attendre le mois d'octobre, à quelques semaines de la clôture de l'exercice budgétaire et à l'approche de la fin du mandat, pour engager des prestations dont les besoins étaient pourtant prévisibles depuis le début de l'année ?
A qui le Maire veut-il faire croire qu’on recrute des consultants en octobre, au 10ème mois de l’année budgétaire, pour "planifier" et "former" sur un exercice qui se termine en décembre ?
Et le pire, c’est que le Maire est en fin de mandat.
La culture, les événements municipaux et la formation des agents sont des missions importantes. Mais elles exigent anticipation et planification. On ne découvre pas en octobre les besoins d'une ville que l'on administre depuis plusieurs années.
Le marché C_THIES_078 est particulièrement révélateur de cette incohérence. Former des élus sur le fonctionnement des collectivités territoriales au moment où ils s'apprêtent à terminer leur mandat pose une véritable question de pertinence.
On ne forme pas une équipe à gouverner au moment où elle s'apprête à passer le témoin ! Les conseillers municipaux ont fait 5 ans de mandat ! Ils s’apprêtent à plier bagages et à quitter la mairie, et c’est à deux mois de la fin de l’exercice budgétaire et de leur mandat que le Maire se rend compte qu’ils ont besoin d’une formation sur le fonctionnement des collectivités ?
Mais au-delà du calendrier, c'est la logique même de ces dépenses qui nous interpelle. Pourquoi ces prestations intellectuelles, plutôt que des investissements directement utiles aux populations ? Pourquoi ces consultations tardives, à quelques semaines de la clôture budgétaire ?
C’est une double faute politique et managériale que le Mouvement "THIES D’ABORD" dénonce.
Le recours à la Demande de Renseignement et Prix Restreinte (DRPR) n'est pas illégal en soi. Toutefois, il ne doit jamais devenir un moyen de réserver la commande publique à un cercle d'initiés. Le Maire distribue des contrats de "consultants" et de "prestations intellectuelles" avant de partir, car ce sont les marchés les plus faciles à attribuer sans livrables physiques immédiats !
La compétition restreinte ne doit pas devenir une compétition entre proches !
En réalité, nous craignons que cette succession de marchés de dernière minute ne participe à une logique d'épuisement des lignes budgétaires avant la fin de l'exercice et le départ de l'équipe municipale.
Il faut le dire avec gravité : lorsque des prestations intellectuelles sont engagées dans la précipitation, sans que leur urgence ni leur utilité immédiate soient clairement démontrées, le risque est de transformer la commande publique en instrument de consommation des crédits plutôt qu'en levier de développement local.
Et c'est là que surgit une interrogation politique majeure : ces marchés répondent-ils réellement aux besoins des Thiessois ou risquent-ils de devenir des marchés de complaisance, voire des primes de départ déguisées sous couvert de prestations intellectuelles ?
Le calendrier, la nature des prestations et le contexte de fin de mandat imposent des explications publiques.
Pendant que les populations attendent des réponses sur l'assainissement, l'éclairage public, les infrastructures scolaires, la santé, la sécurité et l'amélioration du cadre de vie, la municipalité doit démontrer en quoi ces dépenses constituent une priorité.
L'argent public n'est pas destiné à épuiser des lignes budgétaires. Il est destiné à répondre aux besoins des populations.
Cette équipe municipale ne travaille plus pour les Thiessois, elle gère sa sortie. C’est tout simplement des marchés de complaisance, une prime de départ déguisée sous la forme de séminaire ou de prestation intellectuelle pour vider les caisses avant de partir.
En tant que Président du Mouvement THIÈS D'ABORD, je rappelle que la fin d'un mandat n'est pas une période de liberté budgétaire. C'est un moment où la responsabilité doit être encore plus grande. Un maire ne peut pas engager les ressources de la collectivité comme s'il s'agissait de ses propres deniers ou comme s'il fallait absolument consommer les crédits avant de partir.
Nous exigeons le gel municipal de ces marchés de prestations intellectuelles du mois d’octobre.
Notre démarche n'est ni une chasse aux sorcières ni une opposition systématique. C'est une exigence citoyenne et républicaine : celui qui gère l'argent public doit rendre compte de son utilisation.
Monsieur le Maire, les Thiessois ne vous demandent pas de vider les lignes budgétaires avant votre départ. Ils vous demandent de laisser une ville mieux équipée, mieux organisée et mieux servie.
Le maire est de passage, les institutions demeurent et l'argent appartient aux Thiessois.
THIÈS D'ABORD : les deniers publics ne doivent jamais devenir des primes de départ. La priorité doit rester l'intérêt général, jusqu'au dernier jour du mandat.
Me Habib VITIN
Président du Mouvement THIÈS D'ABORD (MTD)