Une enquête ouverte à la suite d’un attroupement dans les rues de la Médina a finalement débouché sur le déferrement de six individus au parquet. Selon une source policière citée dans le dossier, les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs faits, notamment association de malfaiteurs, apologie d’actes contre nature et transmission volontaire du VIH.
Les faits remontent à la nuit du 25 au 26 septembre, à l’angle de la rue 25 et de la rue 4, dans le quartier de la Médina, à Dakar. Les forces de l’ordre avaient été alertées en raison d’un attroupement signalé sur les lieux.
À leur arrivée, les policiers auraient été confrontés à des menaces de violences de la part de certaines personnes présentes. Six individus ont alors été conduits au commissariat, dans un premier temps pour leur propre sécurité.
Mais les vérifications effectuées sur place ont rapidement orienté la procédure vers une enquête plus approfondie. Les six personnes ont finalement été placées en garde à vue dans le cadre d’une procédure portant sur des faits présumés d’actes contre nature.
Des déclarations recueillies par les enquêteurs
Au cours des auditions, plusieurs déclarations auraient été recueillies par les enquêteurs. L’un des mis en cause aurait notamment reconnu avoir eu, durant le mois de septembre, une relation sexuelle avec un homme rencontré sur TikTok, dans des circonstances impliquant une somme de 12 000 francs CFA.
Un autre mis en cause aurait, pour sa part, déclaré avoir été victime dans le passé de plusieurs agressions sexuelles commises par des hommes.
Les enquêteurs se sont également intéressés à la situation sanitaire des personnes concernées. D’après les éléments communiqués dans le cadre de la procédure, des examens sérologiques auraient fait apparaître des résultats positifs chez plusieurs suspects. Ces résultats auraient ensuite été transmis aux enquêteurs par le médecin traitant.
Quatre téléphones analysés
L’enquête a pris une nouvelle dimension avec l’exploitation du matériel numérique saisi.
Au total, quatre téléphones portables ont été récupérés puis soumis à une analyse technique par la Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSLC).
L’exploitation des appareils aurait permis aux enquêteurs de découvrir plusieurs échanges sur l’application WhatsApp, notamment des photographies, vidéos et messages à caractère sexuel.
Ces éléments numériques auraient également permis d'établir des liens entre plusieurs personnes appartenant à un groupe WhatsApp présenté sous le nom de « Sabar Monument ».
Le contenu de ces échanges constitue ainsi l’un des éléments importants de la procédure menée par les enquêteurs.
Six personnes déférées au parquet
Au terme des investigations, les six individus interpellés ont été déférés au parquet. Ils devront désormais répondre devant la justice des faits qui leur sont reprochés.
À ce stade, les accusations formulées dans le cadre de l’enquête demeurent des faits reprochés aux mis en cause et leur responsabilité pénale devra être déterminée par les autorités judiciaires compétentes.
L’affaire met également en lumière le rôle croissant des échanges numériques dans certaines enquêtes judiciaires, les téléphones portables et les conversations sur les réseaux sociaux pouvant constituer des éléments examinés par les enquêteurs dans le cadre d’une procédure.







