Trois hommes poursuivis pour plusieurs infractions liées à l’utilisation frauduleuse d’identités numériques risquent une lourde peine de prison. Serigne Modou Abdoulaye Ndiaye, Abdou Bakh Mbaye et Mame Mor Sèye ont comparu ce vendredi devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, où ils doivent répondre d’accusations d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de charlatanisme, de mise en danger de la vie d’autrui et d’usurpation d’identité numérique.
Selon les faits exposés à l’audience, les prévenus auraient utilisé les visages, les vidéos et la notoriété de tradipraticiens connus pour attirer des clients sur le réseau social TikTok et commercialiser des médicaments. Parmi les personnes dont les images auraient été exploitées figurent Abdoulaye Diop, plus connu sous le nom de « Diop Khass », et Serigne Fallou Ndiaye Rakhma.
Cette utilisation présumée de l’identité et de la réputation d’autrui constitue le cœur du dossier judiciaire. Les contenus publiés sur les réseaux sociaux auraient servi à promouvoir les produits proposés aux internautes, en s’appuyant sur la notoriété de praticiens reconnus dans leur domaine.
Une interpellation par la brigade de recherches de Keur Massar
L’affaire a été portée devant la justice à la suite de l’intervention de la brigade de recherches de Keur Massar, qui a procédé à l’interpellation des trois mis en cause.Plusieurs personnes se sont constituées parties civiles dans ce dossier. Il s’agit notamment de Momath Niass, Mamadou Diallo, Souhaibou Mané, Serigne Fallou Ndiaye Rakhma et Abdoulaye Diop, dit « Diop Khass ».
Toutefois, aucun plaignant ne s’est présenté à l’audience, selon les informations rapportées sur cette affaire.
Les prévenus contestent les accusations
À la barre, les trois hommes ont rejeté les faits qui leur sont reprochés. Ils ont soutenu qu’ils s’étaient limités à publier des vidéos des tradipraticiens dans le but d’assurer leur promotion.Cette version n’a cependant pas convaincu le représentant du ministère public. Pour le procureur de la République, les éléments du dossier permettent de retenir les infractions poursuivies.
Dans ses réquisitions, il a demandé au tribunal de condamner les trois prévenus à trois ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 500 000 FCFA.
La défense dénonce une incohérence dans les poursuites
De son côté, Me Bachir Lo, avocat de la défense, a contesté la manière dont les poursuites ont été engagées. Il a notamment soulevé ce qu’il considère comme une incohérence dans le traitement judiciaire de l’affaire.L’avocat s’est interrogé sur le fait que ses clients soient poursuivis pour avoir utilisé les vidéos de tradipraticiens exerçant eux-mêmes dans le même secteur d’activité. Il a notamment cité Abdoulaye Diop, dit « Diop Khass », et Serigne Fallou Ndiaye Rakhma.
Pour la défense, cette situation soulève une question d’équilibre dans l’application de la loi. Me Bachir Lo a ainsi plaidé la relaxe de ses clients concernant les autres infractions, tout en s’en remettant à l’appréciation du tribunal pour le chef de charlatanisme.
Le verdict attendu le 21 octobre
À l’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye doit rendre sa décision le 21 octobre 2026.D’ici là, les trois prévenus restent présumés innocents. La décision du tribunal permettra de déterminer leur responsabilité pénale dans cette affaire qui met en lumière les risques liés à l’usurpation d’identité sur les réseaux sociaux et à la commercialisation de produits présentés comme des médicaments.
Au-delà du sort judiciaire des trois hommes, le dossier rappelle l’importance de la vérification de l’identité des personnes qui proposent des produits de santé sur Internet, ainsi que la nécessité de distinguer la simple diffusion de contenus des éventuelles pratiques frauduleuses ou dangereuses pour les consommateurs.







