Les acteurs de la filière avicole sénégalaise entendent préserver les acquis de deux décennies d’efforts consacrés au développement de la production nationale. Réunis au sein de l’Interprofession avicole du Sénégal (IPAS), les producteurs expriment leurs préoccupations face aux menaces qui, selon eux, pèsent sur la souveraineté avicole du pays.
Le message est clairement affiché : « Sunu aviculture duñu ko taylé aux étrangers ! », autrement dit, l’aviculture sénégalaise ne doit pas être abandonnée aux intérêts étrangers. À travers ce slogan, les professionnels mettent en avant la nécessité de protéger une filière considérée comme stratégique pour l’économie nationale, l’emploi et l’approvisionnement des populations en produits avicoles.
Vingt ans d’efforts à préserver
L’IPAS, qui fédère plusieurs organisations professionnelles, constitue un cadre de représentation et de concertation pour les acteurs du secteur. Son collège des producteurs regroupe notamment l’AAVIS, la FAFA, l’UNAFA, la DINFEL et l’AGROPAS.Ces organisations représentent différentes composantes de la chaîne de production avicole et participent aux réflexions sur l’avenir de la filière.
Leur mobilisation s’inscrit dans un contexte où la consolidation de la production locale apparaît comme un enjeu majeur. Après vingt années d’efforts, les professionnels veulent éviter que les acquis du secteur ne soient fragilisés par des décisions ou des évolutions susceptibles de réduire la place des producteurs nationaux sur leur propre marché.
La souveraineté alimentaire au cœur des préoccupations
Au-delà des intérêts économiques des producteurs, la question de l’aviculture renvoie à celle de la souveraineté alimentaire du Sénégal. La capacité du pays à produire localement une part importante de ses besoins en viande de volaille et en œufs constitue un enjeu pour la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la réduction de la dépendance extérieure.La filière mobilise en effet différents acteurs, depuis les éleveurs jusqu’aux fournisseurs d’intrants, aux distributeurs et aux commerçants. Sa fragilisation pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble de cette chaîne économique.
Pour les professionnels, la défense de l’aviculture nationale suppose donc de préserver les conditions permettant aux producteurs sénégalais de poursuivre leurs activités, d’investir et de rester compétitifs.
Un appel à défendre les producteurs locaux
À travers leur slogan, les organisations réunies au sein de l’IPAS entendent attirer l’attention des autorités publiques et de l’opinion sur l’avenir de la filière. Leur démarche met en avant la nécessité de prendre en compte les intérêts des producteurs nationaux dans les orientations économiques et commerciales concernant le secteur.Cette mobilisation soulève plusieurs questions : comment garantir la pérennité des investissements réalisés par les acteurs locaux ? Quelles mesures adopter pour renforcer leur compétitivité ? Et comment concilier l’ouverture économique avec la protection d’une production nationale jugée stratégique ?
Si les mesures précises réclamées par les professionnels restent à détailler, leur message traduit une volonté de faire de la souveraineté avicole une priorité.
Pour les acteurs de la filière, les vingt années de consolidation ne doivent pas être considérées comme un acquis définitif, mais comme le résultat d’efforts qu’il convient de protéger et de renforcer.
L’enjeu est désormais de préserver les capacités de production nationales et de garantir aux acteurs sénégalais une place durable dans le développement de leur propre filière avicole.






