11h45 : De nombreuses ambassades, dont celles de France et du Rwanda, attaquées par des manifestants à Kinshasa
Plusieurs ambassades, dont celles du Rwanda et de France, ont été attaquées mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par des manifestants dénonçant le conflit dans l'est du pays, ont affirmé des sources diplomatiques. Les ambassades du Rwanda, de la France, de Belgique, d'Ouganda, du Kenya, ainsi que des États-Unis ont été ciblées. De la fumée s'échappe du bâtiment de la représentation française, a constaté une journaliste de l'AFP.
Des pillages et des dégradations ont été signalés dans plusieurs d’entre elles. Un incendie a été signalé dans les bureaux de l’ancienne ambassade du Rwanda, qui est fermée actuellement.
De même source, on précise que les manifestants n'ont pas pénétré à l'intérieur des enceintes diplomatiques. Selon un journaliste de Reuters, la police congolaise a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser des protestataires, notamment devant l'ambassade d'Ouganda.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a qualifié d'« inadmissibles » les attaques survenues mardi matin à l'ambassade de France à Kinshasa. « L'ambassade de France à Kinshasa a été attaquée ce matin par des manifestants, qui ont provoqué un incendie désormais maîtrisé. Ces attaques sont inadmissibles. Tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité de nos agents et ressortissants », a écrit sur X le chef de la diplomatie française.
10h45 : Risque de dissémination d’Ebola depuis un laboratoire à Goma en raison des affrontements, s’inquiète la Croix-Rouge
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a alerté mardi sur les risques de dissémination de virus, dont Ebola, à partir d'un laboratoire à Goma, en raison des violents combats dans cette grande ville de l'est de la RDC. Le CICR « est très préoccupé par la situation au sein du laboratoire de l'Institut national de recherches biomédicales » et appelle à « préserver les échantillons qui peuvent être touchés par les affrontements et qui pourraient engendrer des conséquences inimaginables si les souches bactériologiques, dont le virus Ebola, qu'il abrite venaient à se répandre », a déclaré le directeur régional du CICR Patrick Youssef lors d'un point de presse à Genève.
La RDC a mené des batailles difficiles contre les différentes épidémies d'Ebola, notamment en 2022.
10h05 : Les affrontements se poursuivent, des nombreux cadavres jonchent les rues, « les hôpitaux sont débordés » par l’afflux de blessés, s’alarme l’ONU
Selon de nombreux habitants de différents quartiers, ainsi que des journalistes sur place, des tirs nourris et des explosions ont retenti, en particulier près de l’aéroport. Les employés de l'ONU sur place rapportent que les hôpitaux de Goma « sont submergés » de blessés et que de « nombreux corps » jonchent les rues de la ville, a affirmé l’ONU lors d’un point presse mardi réunissant plusieurs de ses agences, à Genève. « Les hôpitaux sont débordés. Il y a actuellement des centaines de personnes à l'hôpital, la plupart admises pour des blessures par balle », a déclaré Adelheid Marschang, coordinatrice de la réponse d'urgence de l'OMS pour la République démocratique du Congo.
Malgré les tirs, le personnel des hôpitaux assure les soins. Mais face à l’afflux de blessés, les médecins n’ont pas le choix, ils doivent « faire le tri », donner la priorité à ceux qui peuvent être sauvés comme nous l’explique un urgentiste : « Malheureusement, nous avons enregistré beaucoup beaucoup de cas, jusqu’ici, on essaie de faire ce qu’on peut, de trier ceux qui peuvent encore être sauvés. »
Parmi les blessés figurent même des bébés, alors que « Toutes les blessures sont des blessures par balles », poursuit-il.
9h35 : La distribution d’aide alimentaire est suspendue, la situation humanitaire est « extrêmement inquiétante »
La situation humanitaire à Goma est « extrêmement inquiétante », a alerté l'ONU, qui concentre désormais ses missions sur la protection des civils qui « paient le prix le plus élevé ». La distribution d'aide alimentaire à Goma est suspendue, a averti mardi l'ONU. « Les prochaines 24 heures seront cruciales, car les gens commencent à manquer de provisions et devront voir ce qu'ils peuvent trouver pour survivre », a déclaré une porte-parole du Programme alimentaire mondial (Pam) en RDC, Shelley Thakral, depuis Kinshasa.
« Un demi-million de personnes ont été déplacées rien que ce mois de janvier », dans le Nord-Kivu rappelle Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. L'agence de l'ONU dit suivre de près les mouvements transfrontaliers. « De nombreux civils attendent d'évaluer la situation avant de prendre une décision »
Le HCR rappelle que les conséquences humanitaires de cette escalade dans l'est de la RDC ne sont pas seulement des préoccupations régionales, mais « une responsabilité mondiale ».
9h04 : Quatre nouveaux soldats sud-africains tués dans des combats près de l'aéroport
Quatre nouveaux soldats sud-africains ont été tués dans les combats dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), ont indiqué mardi les forces armées sud-africaines (SANDF). Cela porte à 13 le nombre de soldats sud-africains ayant trouvé la mort, après le décès de neuf soldats la semaine dernière.
« Les rebelles du M23 ont lancé une bombe de mortier en direction de l'aéroport de Goma, qui a atterri dans la base de la SANDF, ce qui a entraîné la perte de trois membres de la SANDF », a précisé l'armée dans un communiqué.
7h15 : Reprise des tirs ce mardi matin à Goma
Les échanges de tirs ont repris de façon intense ce mardi matin, un peu avant 6h30 heure locale, dans les quartiers de la partie est de la ville, à Biréré et Bujovu, ainsi que sur l'axe qui relie le camp Katindo, l'aéroport de Goma et la ville rwandaise de Gisenyi. Cette ville frontalière est collée à Goma.
Des soldats des forces armées congolaises sont dans la zone de l'aéroport. En revanche, le M23 contrôle certaines parties de l'ouest de Goma. Certaines parties de la ville restent inaccessibles aux observateurs indépendants et aux humanitaires, aussi, il est difficile d'établir une cartographie des rapports de force.
Internet est toujours coupé, il n'y a pas de radio non plus : les informations circulent par le bouche-à-oreille. Certains quartiers de Goma sont privés d'eau et d'électricité depuis vendredi. Commerces et pharmacies sont fermés, un calvaire pour les habitants. Des habitants, qui ont profité d'une accalmie pour sortir de chez eux, racontent avoir vu des corps, nombreux, sur les routes.
Les structures sanitaires de Goma sont débordées. La ville est en ce moment un endroit horrible, les déplacés ne savent plus où aller, déclare le directeur de l'ONG Save the children en RDC, qui rappelle que la moitié de ces déplacés sont des enfants. Depuis des semaines, les ONG alertent sur la situation humanitaire dans le Nord-Kivu dont la capitale est Goma, et le Sud-Kivu.
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Les chiffres des habitants jetés sur les routes sont vertigineux. Ils sont des centaines de milliers déplacés par les combats, dans un contexte humanitaire qui était déjà décrit par tous comme alarmant. Selon l'ONU, 400 000 personnes ont été déplacées par les combats depuis début janvier.
6h35 : Les postes-frontière avec le Rwanda fermés à Gisenyi
La situation est toujours confuse ce matin à la frontière entre la ville congolaise de Goma et la ville rwandaise de Gisenyi, ce mardi. Cela après une journée de lundi très tendue où au moins cinq civils ont été tués par mortiers ou balles perdues tombées côté rwandais. Selon le porte-parole de l'armée, le brigadier-général Ronald Rwivanga, 35 personnes ont aussi été blessées.
Les deux postes-frontière, la Petite et Grande Barrière, n’ont pas ouvert pour l’instant ce matin. Une frontière où l’armée rwandaise affirme que plus d’une centaine de soldats des FARDC et alliés ont déposé leurs armes lundi dans la journée.
Les tirs et détonations à Goma se font entendre jusqu'à Gisenyi où la majorité des écoles vont rester fermées aujourd’hui dans le centre de la ville qui semble plus calme que d’habitude ce matin, rapporte notre envoyée spéciale, Lucie Mouillaud. Il faut dire qu’un certain nombre de Rwandais qui vivaient à proximité de la frontière, très proches des zones d’affrontements, ont été évacués à plusieurs kilomètres de la ville. Un autre camp de déplacés accueille également quelques centaines de Congolais qui ont fui les affrontements à Goma