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Le 29 août 2026 pourrait marquer une nouvelle étape dans le parcours politique du maire de Mont-Rolland, Yves Lamine Ciss. Devant des élus locaux, responsables politiques, autorités religieuses et coutumières, acteurs du développement et populations, l’édile a officiellement porté sur les fonts baptismaux La Convergence pour l’Avenir et le Progrès, CAP Sénégal.« Ce jour restera gravé dans les annales », a-t-il déclaré, présentant cette nouvelle organisation non pas comme « un mouvement politique de plus », mais comme un cadre destiné à contribuer à la réflexion et à proposer des réponses concrètes aux difficultés du Sénégal.
Agriculture, élevage et pêche au cœur de la nouvelle orientation
Pour Yves Lamine Ciss, les progrès réalisés depuis l’indépendance ne doivent pas masquer les faiblesses persistantes de l’économie sénégalaise. Il place notamment l’agriculture, l’élevage et la pêche au premier rang des secteurs nécessitant, selon lui, une réforme profonde.L’économiste estime que le Sénégal dispose d’importantes richesses et de terres capables de produire davantage, mais que leur potentiel reste insuffisamment exploité.
À ses yeux, la souveraineté alimentaire ne peut devenir une réalité sans une politique beaucoup plus ambitieuse en direction du monde rural.
Il appelle ainsi l’État, les collectivités territoriales, les organisations paysannes, les éleveurs, les pêcheurs, les ONG et les experts à engager une réflexion nationale susceptible de « renverser la tendance ».
Des coopératives professionnelles dotées de magasins, chambres froides et tracteurs
Au centre de son projet figure également la restructuration du modèle coopératif.Pour le maire de Mont-Rolland, les producteurs ne doivent plus être abandonnés à eux-mêmes après les récoltes. Les coopératives devraient disposer de véritables moyens de production et de conservation : magasins de stockage, chambres froides, tracteurs, équipements agricoles et unités de transformation.
Il a notamment évoqué plusieurs ordres de grandeur financiers — 100 millions, 300 millions, 400 millions de FCFA, et jusqu’à 1,2 milliard de FCFA — pour illustrer l’importance des investissements nécessaires à la mise en place de structures capables de produire, stocker et transformer durablement.
L’enjeu, selon lui, est aussi de mettre fin aux pertes subies chaque année par les producteurs faute de moyens de conservation et de débouchés correctement organisés.
« Chaque commune devrait avoir sa zone industrielle »
Yves Lamine Ciss veut surtout changer la manière dont le Sénégal envisage le développement territorial.Il défend une vision dans laquelle les communes ne seraient plus uniquement des espaces administratifs, mais de véritables pôles économiques de production et de transformation.
« Chaque commune devrait développer une zone industrielle », a-t-il plaidé en substance.
Le maire cite l’exemple des pays développés où l’activité industrielle et les unités de transformation ne sont pas exclusivement concentrées dans les capitales.
Pour lui, il n’est pas normal que des produits agricoles sénégalais quittent les zones de production sans être transformés localement, privant ainsi les territoires d’emplois, de revenus et de valeur ajoutée.
Le développement de petites et moyennes industries dans les communes permettrait, selon cette vision, de rapprocher l’emploi des populations et de freiner l’exode vers Dakar.
« Le Sénégal n’est pas pauvre »
Dans un discours volontariste, Yves Lamine Ciss rejette également l’idée selon laquelle le Sénégal manquerait fondamentalement de ressources.« Nous ne sommes pas pauvres. Le Sénégal est riche, très riche », a-t-il soutenu.
Mais pour transformer ces potentialités en prospérité, il estime nécessaire de faire preuve de courage politique, de mieux organiser les ressources disponibles et de donner davantage de responsabilités aux territoires.
La question foncière devrait, selon lui, faire partie de cette réforme. La terre étant un facteur essentiel de production, son accès et sa gestion doivent permettre de mieux soutenir ceux qui produisent réellement.
Réhabiliter la formation professionnelle dès l’école
Autre chantier considéré comme prioritaire : la formation professionnelle et technique.Le maire de Mont-Rolland estime que tous les élèves ne doivent pas nécessairement suivre le même parcours académique jusqu’à l’université.
Il propose une orientation beaucoup plus précoce vers l’apprentissage des métiers, y compris à partir de la fin du cycle élémentaire pour les élèves dont le profil se prête davantage à une formation technique.
L’objectif serait de disposer dans chaque territoire de jeunes qualifiés capables de travailler dans l’agriculture moderne, la transformation, la mécanique, le bâtiment, l’industrie, les services ou encore la maintenance des équipements.
Dans cette logique, la construction d’écoles doit s’accompagner, selon lui, d'un développement massif des centres de formation professionnelle.
Partir de la base pour construire les politiques nationales
À travers CAP Sénégal, Yves Lamine Ciss veut également défendre une méthode : partir des territoires pour remonter vers le sommet de l’État.Son expérience de maire, tout comme celle d’autres élus locaux, devrait servir selon lui à construire des politiques publiques plus proches des réalités quotidiennes.
Les communes, insiste-t-il, connaissent directement les difficultés liées à l’emploi, à l’eau, à la santé, à l’éducation, à la formation, à l’agriculture et aux infrastructures.
Cette connaissance du terrain devrait peser davantage dans l'élaboration des grandes orientations nationales.
Un appel aux socialistes à se réconcilier
Le lancement de CAP Sénégal a également donné lieu à un message adressé à la famille socialiste.Yves Lamine Ciss a appelé ses « camarades socialistes » à la réconciliation, estimant que les divergences internes ne doivent pas empêcher la reconstruction d’une force politique capable de participer au débat national.
Le responsable politique affirme toutefois que le nouveau mouvement n’entend fermer ses portes à personne.
« La porte n’est fermée à personne », a-t-il assuré, laissant entendre que CAP Sénégal entend rassembler au-delà des appartenances partisanes traditionnelles.
Une assemblée générale doit permettre de poursuivre la structuration de l’organisation et de mettre en place ses instances dirigeantes.
« Depuis deux ans, on ne discute pas des vrais problèmes du Sénégal »
L’un des passages les plus politiques de l’intervention du maire a concerné la qualité du débat public sénégalais.Yves Lamine Ciss déplore que les controverses occupent trop souvent l’espace politique au détriment des préoccupations économiques et sociales.
« Depuis deux ans, on ne discute pas des vrais problèmes du Sénégal », a-t-il regretté en substance.
Dette publique, patrimoine des dirigeants, fonds spéciaux et querelles politiques ne doivent pas, à ses yeux, empêcher les pouvoirs publics et l'opposition de débattre de la production agricole, de l’emploi, de l’industrialisation, de la formation ou encore du développement des territoires.
Il demande ainsi à l’exécutif, à l’Assemblée nationale et à l’ensemble de la classe politique de replacer les problèmes concrets des Sénégalais au cœur des priorités.
CAP Sénégal veut se positionner sur le terrain des solutions
En lançant La Convergence pour l’Avenir et le Progrès, Yves Lamine Ciss cherche donc à installer une nouvelle offre dans le débat politique.Son discours a été beaucoup moins centré sur les prochaines échéances électorales que sur une série de problématiques économiques : productivité agricole, souveraineté alimentaire, coopératives, transformation locale, industrialisation des communes, emploi et formation professionnelle.
Une orientation qui devra désormais être traduite dans un programme détaillé et une organisation capable de dépasser le cadre de Mont-Rolland.
Pour le maire, l’ambition est déjà affichée : contribuer à faire émerger un Sénégal qui produit davantage, transforme ce qu’il produit et crée des emplois dans ses propres territoires.