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Bignona : l’exploitation d’un téléphone apporte de nouveaux éléments dans une affaire sensible


Rédigé le Samedi 17 Octobre 2026 à 15:37 | Lu 31 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Des accusations de viols répétés, des menaces alléguées à la machette et des propositions d’argent sont au cœur d’une enquête visant un commerçant de 32 ans à Tenghory. Selon les informations rapportées par la presse, les investigations ont également porté sur son téléphone portable et sur des échanges avec plusieurs mineurs.


Une affaire particulièrement sensible secoue la localité de Tenghory, dans le département de Bignona. Un commerçant de 32 ans, identifié sous le nom d’Amadou D., a été déféré devant le parquet à l’issue d’une enquête portant sur des faits présumés de violences sexuelles impliquant plusieurs adolescents.
 
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération et reprises par Seneweb, cinq jeunes, âgés de 14 à 17 ans, ont été identifiés au cours des investigations. Ils mettent en cause le boutiquier dans des faits présumés de viols et d’actes sexuels imposés à des mineurs.
 
À ce stade de la procédure, les accusations doivent être distinguées des faits définitivement établis par une décision de justice.
 

Un signalement anonyme à l’origine de l’enquête

L’affaire aurait commencé par un signalement anonyme dénonçant les agissements présumés du commerçant. Les policiers du commissariat de Bignona ont alors ouvert des investigations afin de vérifier les accusations et de recueillir les témoignages des personnes concernées.
 
Au fil de l’enquête, plusieurs adolescents ont été entendus. Leurs déclarations décrivent des situations dans lesquelles le commerçant aurait profité de sa proximité avec les jeunes du quartier pour les attirer dans sa boutique.
 
Le plus jeune des adolescents cités, âgé de 14 ans, affirme avoir subi des violences sexuelles à l’intérieur du commerce, sous la menace d’une machette. Cette accusation constitue l’un des éléments les plus graves du dossier.
 
D’autres jeunes, âgés de 16 et 17 ans, évoquent des propositions financières qui leur auraient été faites en échange de rapports sexuels. Selon les témoignages rapportés, des sommes de 5 000 francs CFA auraient notamment été proposées.
 
Ces déclarations devront être examinées dans le cadre de la procédure judiciaire, notamment pour déterminer les circonstances précises des faits allégués et les responsabilités éventuelles.
 

Des témoignages faisant état de sollicitations répétées

Parmi les adolescents entendus figure un élève de 17 ans, en classe de Première. Celui-ci affirme avoir subi des abus à plusieurs reprises dans la boutique du commerçant. Il explique également que les repas qui lui étaient offerts et la peur de dénoncer les faits auraient contribué à son silence.
 
Une commerçante présentée comme une colocataire du mis en cause aurait, elle aussi, livré son témoignage aux enquêteurs. Elle soupçonnerait l’existence d’autres victimes et aurait déclaré avoir vu un garçon quitter la boutique en boitant.
 
Ces éléments ont conduit les enquêteurs à approfondir leurs investigations afin de vérifier la cohérence des déclarations recueillies et d'identifier d’éventuelles autres personnes concernées.
 

Le téléphone portable au centre des investigations

L’exploitation technique du téléphone du commerçant aurait permis aux enquêteurs de recueillir des éléments supplémentaires.
 
D’après les informations publiées, la galerie de l’appareil contenait plusieurs photographies de jeunes garçons prises à l’intérieur du commerce. Des échanges WhatsApp auraient également révélé des sollicitations adressées à l’un des adolescents, avec des propositions de cadeaux, de repas ou de téléphone portable.
 
Les enquêteurs se seraient aussi intéressés à des messages vocaux envoyés à un neveu mineur résidant à Bissau. Ces communications font partie des éléments examinés dans le cadre de l’enquête.
 
La portée de ces données numériques dépend toutefois de leur contexte, de leur authentification et de leur appréciation par les autorités judiciaires. Elles ne peuvent être interprétées isolément sans tenir compte de l’ensemble du dossier.
 

Le commerçant reconnaît certains faits et conteste d’autres accusations

Entendu par les enquêteurs, Amadou D. aurait reconnu certains faits à caractère sexuel impliquant des mineurs, tout en contestant les menaces à la machette et la qualification de pédophilie, selon les informations rapportées par la presse.
 
Pour expliquer son comportement, il aurait déclaré avoir lui-même subi des actes sexuels imposés et du chantage en Côte d’Ivoire en 2022. Il aurait présenté ces événements comme un élément de son parcours personnel.
 
Une telle déclaration ne saurait toutefois justifier d’éventuelles violences sexuelles commises sur autrui. Les faits allégués doivent être examinés séparément, dans le respect des droits de toutes les personnes concernées.
 

Des accusations croisées lors d’une confrontation

Autre élément rapporté au cours de la procédure : le commerçant aurait accusé l’un des adolescents de 17 ans de l’avoir également violé.
 
Lors d’une confrontation organisée par les policiers, le jeune aurait reconnu avoir eu un comportement sexuel actif lors d’un épisode évoqué par les enquêteurs, selon le récit publié.
 
Cette version devra être replacée dans son contexte. La reconnaissance alléguée d’un acte par un adolescent ne permet pas, à elle seule, de conclure à l’existence d’un consentement juridiquement valable, notamment au regard de son âge et des circonstances décrites dans le dossier.
 
Les enquêteurs et les autorités judiciaires devront établir la chronologie des événements, les éventuelles pressions exercées et la nature exacte des actes reprochés à chacune des personnes impliquées.
 

La protection des mineurs au cœur des enjeux

Au-delà des accusations visant le commerçant, cette affaire rappelle l’importance de la protection des adolescents contre les violences sexuelles, les menaces, les manipulations et les sollicitations financières à caractère sexuel.
 
Les familles, les établissements scolaires et les acteurs communautaires ont un rôle essentiel dans la prévention, le repérage des situations à risque et l’orientation des victimes présumées vers les services compétents.
 
La peur de représailles, la honte ou la dépendance à l’égard d’un adulte peuvent retarder le signalement de faits graves. Il est donc important que les adolescents puissent parler à un adulte de confiance et bénéficier d’un accompagnement adapté, sans être culpabilisés ni exposés publiquement.
 
À Tenghory, l’enquête menée par le commissariat de Bignona a été transmise au parquet, selon les informations publiées. La suite de la procédure devra permettre de confronter les déclarations, d’examiner les éléments matériels et de déterminer les responsabilités éventuelles.
 
En attendant les décisions judiciaires, le respect de la présomption d’innocence et la protection de l’identité des mineurs demeurent essentiels.


Lat Soukabé Fall

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