Lors d’un point presse, la porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, a rappelé que « les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ». Une référence directe à la Charte des Nations unies, mise à mal selon l’ONU par cette action unilatérale américaine.
Antonio Guterres évoque un « dangereux précédent »
Dès la veille, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait tiré la sonnette d’alarme. Sur le réseau social X, il s’est dit « profondément inquiet » face au risque d’une aggravation de l’instabilité au Venezuela, mettant en garde contre les répercussions potentielles sur l’ensemble de la région latino-américaine. Pour plusieurs diplomates, l’enlèvement d’un chef d’État en exercice par une puissance étrangère constitue un précédent lourd de conséquences.
Nicolas Maduro plaide non coupable à New York
Présenté lundi 5 janvier devant un tribunal fédéral du district sud de New York, Nicolas Maduro a plaidé non coupable pour l’ensemble des charges retenues contre lui, notamment narcoterrorisme, trafic de cocaïne et détention d’armes. L’audience, qui a duré une quarantaine de minutes, s’est conclue par son maintien en détention jusqu’à la prochaine comparution fixée au 17 mars.
Se déclarant « innocent » et « honnête », l’ancien chef de l’État a affirmé demeurer le « président légitime » du Venezuela. Son avocat, Barry Pollack, a invoqué l’immunité pénale liée à la fonction de chef d’État, une ligne de défense déjà utilisée dans les années 1990 lors de l’affaire Manuel Noriega, ancien dirigeant panaméen arrêté par les États-Unis.
Washington pousse pour une transition politique
Sur le plan politique, le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, s’est dit favorable à l’organisation rapide d’élections au Venezuela, tout en excluant un scrutin dès le mois prochain. De son côté, Delcy Rodriguez, investie présidente par intérim par l’Assemblée nationale vénézuélienne, a affirmé sa volonté de coopérer avec Washington dans un cadre de relations « équilibrées et respectueuses », fondées sur la souveraineté et la non-ingérence.
Réactions contrastées en Europe et en Amérique latine
En France, Emmanuel Macron a estimé que la méthode employée par les États-Unis pour capturer Nicolas Maduro n’était « ni soutenue, ni approuvée » par Paris, tout en qualifiant le dirigeant vénézuélien de « dictateur » et en jugeant son départ « positif pour le peuple vénézuélien ».
Dans la région, la colère monte. Au Brésil, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans de grandes villes pour dénoncer l’intervention américaine, perçue comme une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne.
Un dossier explosif pour la diplomatie internationale
Alors que l’opposante Maria Corina Machado a annoncé son intention de rentrer prochainement au Venezuela, la communauté internationale reste divisée. Entre impératif de justice, respect de la souveraineté des États et stabilité régionale, l’affaire Maduro s’impose déjà comme l’un des dossiers diplomatiques les plus sensibles de ce début d’année 2026.

