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Tribunal de Thiès : accusé du vol de 17 moutons, un berger relaxé au bénéfice du doute


Rédigé le Vendredi 13 Mars 2026 à 11:56 | Lu 40 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Une affaire de vol de bétail qui a tenu en haleine un village du département de Tivaouane s’est finalement conclue par une relaxe devant le tribunal des flagrants délits de Thiès. Le prévenu, un berger de 32 ans poursuivi pour le vol présumé de 17 moutons, a été déclaré non coupable au bénéfice du doute.


Une disparition nocturne qui mobilise tout un village

Les faits remontent à la nuit du 1er juin 2025, dans le village de Guetty Ngaraf. Vers 2 heures du matin, B. Faye, propriétaire d’un troupeau de moutons, constate la disparition de plusieurs de ses bêtes.
 

Inquiet et convaincu qu’il s’agit d’un vol, il alerte immédiatement les habitants du village. Une battue improvisée est alors organisée dans l’espoir de retrouver les animaux.
 

Selon la partie civile, les recherches vont rapidement révéler des indices troublants.
 

« Nous avons suivi les traces de pas laissées par les moutons. Elles nous ont conduits directement jusqu’au domicile de A. Sow », a expliqué B. Faye à la barre.
 

Une confrontation tendue

Toujours selon le plaignant, lorsque les habitants arrivent devant la maison du berger, celui-ci sort avec une machette pour leur interdire l’accès à son domicile.
 

Face à cette situation, B. Faye décide de saisir la gendarmerie.
 

Lorsque les forces de l’ordre se rendent sur les lieux, la situation prend une tournure inattendue.
 

D’après la partie civile, A. Sow aurait accepté de faire sortir les moutons. Au total, 15 bêtes auraient été retrouvées en sa possession, tandis que deux autres avaient déjà été abattues.
 

Le plaignant affirme également que le prévenu aurait proposé, devant les gendarmes, de lui verser 400 000 FCFA pour compenser la perte des deux moutons égorgés.
 

Le prévenu nie catégoriquement le vol

Face au tribunal, A. Sow, berger de profession et père de 15 enfants, a fermement contesté les accusations.
 

Il soutient que les moutons n’ont jamais été retrouvés dans sa maison.
 

Toutefois, il reconnaît avoir pris l’engagement, devant le commandant de brigade, de verser 400 000 FCFA à la partie civile.
 

Selon lui, ce geste n’était pas un aveu de culpabilité, mais plutôt une tentative d’éviter des problèmes avec la gendarmerie.
 

« Je voulais simplement éviter des ennuis. Je n’ai jamais volé ces moutons », a-t-il déclaré devant les juges.
 

Le parquet requiert deux ans de prison ferme

Pour l’avocat de la partie civile, Me Diallo, plusieurs éléments pointent vers la responsabilité du prévenu.
 

Selon lui, le fait que A. Sow se soit engagé à indemniser la victime constitue un indice sérieux de son implication.
 

Il a ainsi réclamé un million de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour son client.
 

Le procureur de la République a également estimé que l’attitude du prévenu soulevait de fortes présomptions.
 

« Lorsqu’on n’a rien à se reprocher, on ne s’engage pas à dédommager la victime », a-t-il soutenu.
 

Pour le parquet, cet engagement, ajouté au refus initial de laisser accéder à son domicile, constitue un faisceau d’indices suffisant.
 

Le ministère public a donc requis deux ans de prison ferme contre le berger.
 

Une défense qui évoque un dossier fragile

Assurant la défense du prévenu, Me Ayi a plaidé l’absence de preuves formelles.
 

L’avocat a soutenu que le seul élément matériel du dossier reste l’engagement pris par son client de verser 400 000 FCFA.
 

Pour lui, cet engagement ne peut être interprété comme un aveu de culpabilité.
 

« Mon client n’a jamais reconnu le vol. Il a simplement voulu éviter un conflit avec la gendarmerie », a-t-il déclaré.
 

L’avocat a également pointé du doigt des incohérences dans les déclarations et l’absence de preuve directe établissant que les moutons se trouvaient réellement dans la maison du prévenu.
 

Le tribunal accorde le bénéfice du doute

Après avoir entendu les différentes parties et examiné les éléments du dossier, le tribunal des flagrants délits de Thiès a finalement estimé que les preuves restaient insuffisantes pour condamner le prévenu.
 

Les juges ont donc prononcé la relaxe de A. Sow au bénéfice du doute, mettant ainsi un terme à cette affaire qui avait profondément divisé les habitants du village.
 

Cette décision rappelle le principe fondamental du droit pénal selon lequel le doute doit toujours profiter à l’accusé lorsque les preuves ne permettent pas d’établir clairement sa culpabilité.



Lat Soukabé Fall

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