La macabre découverte a été faite par l’un de ses collègues, venu le chercher après avoir constaté son absence inhabituelle. Sur place, il découvre le quinquagénaire suspendu à une corde, sans aucun signe de vie. Très vite, le commissariat de Rebeuss, dirigé par la commissaire Khady Diouf, est alerté. Les policiers procèdent aux premières constatations avant l’évacuation du corps vers l’hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff pour autopsie.
Les conclusions des médecins légistes, remises le 8 mai 2026, confirment définitivement la thèse du suicide. Selon le rapport, A. N. est décédé des suites d’une asphyxie mécanique provoquée par pendaison. Aucune trace laissant penser à une intervention extérieure n’a été relevée.
Mais c’est surtout le contenu d’un long testament retrouvé sur les lieux qui glace aujourd’hui l’opinion. Dans ce texte rédigé sur onze pages et sobrement intitulé « TESTAMENT », le défunt raconte les souffrances qu’il aurait endurées durant son mariage. Il accuse directement son épouse de violences morales, d’humiliations répétées et même d’agressions physiques qui auraient progressivement détruit son équilibre psychologique.
Selon les éléments de l’enquête, une copie de ce document a également été retrouvée dans le coffre de son bureau, accompagnée d’une clé USB contenant plusieurs fichiers, images et éléments que la victime considérait comme des preuves de ses accusations.
Marié et père de quatre enfants, A. N. vivait avec sa femme et deux de leurs filles dans un appartement situé à l’intérieur même de la boulangerie. Toutefois, les investigations révèlent qu’une profonde crise conjugale minait le couple depuis près d’un an. Des voisins et proches interrogés par les enquêteurs ont confirmé l’existence de tensions permanentes au sein du foyer. Certains affirment même que l’épouse avait pratiquement quitté le domicile conjugal depuis plusieurs mois.
Cette affaire relance avec brutalité le débat sur les souffrances psychologiques vécues dans certains foyers, y compris par des hommes qui, souvent par honte ou peur du regard social, gardent le silence jusqu’au drame irréparable.
Les enquêteurs poursuivent désormais les auditions afin de déterminer si certains faits évoqués dans le testament pourraient engager d’éventuelles responsabilités. En attendant, collègues, proches et habitants de la Médina restent sous le choc face à cette disparition tragique d’un homme décrit comme discret, travailleur et profondément affecté ces derniers mois.
