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Touba : une affaire d’escroquerie liée à de fausses promesses spirituelles devant la justice


Rédigé le Jeudi 8 Janvier 2026 à 12:24 | Lu 74 fois Rédigé par


Une commerçante de Touba a saisi la justice après avoir remis plus de 17 millions FCFA à un homme poursuivi pour escroquerie liée à de prétendues pratiques mystiques.


 

Les faits remontent à 2024 à Touba. Alors qu’elle assurait la gestion du commerce de son époux, O. D., Mme K. N. reçoit un homme, A. S., venu solliciter un lieu pour accomplir sa prière. En plus de l’y autoriser, elle lui offre du lait et un repas.

En guise de remerciement, A. S. lui promet de la mettre en relation avec un ami présenté comme marabout, capable de faire prospérer son activité commerciale. Quelques jours plus tard, il revient lui remettre une préparation avec laquelle elle devait se laver.

À partir de cet instant, Mme K. N. commence à effectuer plusieurs transferts d’argent à la demande d’A. S., parfois à des heures tardives. Ces versements répétés attirent finalement l’attention de son mari, qui découvre un manque de plus de 17 millions de FCFA dans les finances du magasin. Interpellée, la dame reconnaît les faits et, sur instruction de son époux, dépose une plainte auprès du procureur près le tribunal de grande instance de Diourbel. Le mis en cause est arrêté peu après.

À la barre, A. S. conteste les accusations. Il affirme s’être limité à mettre la plaignante en contact avec un tiers, A. S. également, présenté comme marabout, expliquant que Mme K. N. souhaitait avoir un enfant de sexe masculin avec son nouveau mari. Il soutient n’avoir reçu que 15 000 FCFA et n’avoir joué qu’un rôle d’intermédiaire.

Ces déclarations sont rejetées par Mme K. N., qui précise être déjà mère de quatre enfants, dont deux garçons issus d’un précédent mariage. Elle réclame la somme de 20 millions de FCFA en réparation de l’ensemble des préjudices subis.

Se fondant sur l’article 379 du Code pénal relatif à l’escroquerie, le procureur P. K. F. a requis une peine d’un an de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 FCFA à l’encontre du prévenu.

À l’issue du délibéré, le tribunal a relaxé A. S. du chef de charlatanisme, mais l’a déclaré coupable d’escroquerie. Il a été condamné à deux ans de prison dont un ferme, ainsi qu’au paiement de 20 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.