En cette première semaine de ramadan et de carême, le marché central de Thiès affiche une abondance remarquable de produits alimentaires. Riz, huile, sucre, oignons, pommes de terre ou encore lait en poudre sont présents en grandes quantités. Pourtant, cette disponibilité ne garantit pas un accès facile pour tous, en raison du faible pouvoir d’achat de nombreux ménages.
Le chef du service régional du commerce de Thiès, Khadim Ndiaye, se montre rassurant. Selon lui, les stocks dépassent largement les besoins des consommateurs. Les réserves de riz brisé non parfumé avoisinent les 1.000 tonnes pour l’ensemble des trois départements de la région. Le riz parfumé, ordinaire et de luxe, atteint près de 110 tonnes. À cela s’ajoutent 312 tonnes de riz local mises sur le marché dans le cadre de la politique d’autosuffisance alimentaire.
Les autres produits de grande consommation suivent la même tendance. Les services du commerce ont recensé 16 tonnes d’huile en bouteilles de 20 litres, plus de 200 tonnes de sucre en morceaux et plus de 500 tonnes de sucre cristallisé. Le lait en poudre est également disponible en différents formats.
Sur le terrain, commerçants et acteurs de la filière confirment cette situation. Devant son dépôt au marché central, Aly Ndiaye indique que l’oignon local et importé est accessible en quantité suffisante. Contrairement à l’an dernier, où seul l’oignon local était proposé à 11.000 francs le sac, les prix oscillent désormais entre 10.000 et 10.500 FCFA selon l’origine. Depuis la mi-février, période marquant le début des récoltes, les arrivages d’oignons et de pommes de terre ont doublé quotidiennement, selon l’interprofession oignon du Sénégal.
Même constat pour Khadim Ndione, demi-grossiste au marché central. Il souligne que sucre, riz et huile sont bien disponibles depuis le début du ramadan. Il précise d’ailleurs que, suite aux mesures de baisse des prix décidées par l’État, le kilogramme de sucre se vend à 600 francs, le riz ordinaire à 300 francs CFA le kilogramme et le litre d’huile à 1.000 francs.
Malgré ces assurances et la présence effective des produits, certaines consommatrices évoquent leurs difficultés. Mbayang Bâ, venue faire ses courses, estime que la situation économique complique fortement les achats. Avec 3.000 francs en poche, dit-elle, il devient nécessaire de faire des choix, parfois entre poisson et viande.
Ainsi, si l’approvisionnement du marché régional semble assuré en quantité et en qualité, l’accès aux denrées reste tributaire des moyens financiers des ménages.
aps
