S’appuyant sur des informations recueillies auprès de ses représentants déployés dans les bureaux de vote à travers le pays, Anicet-Georges Dologuélé accuse le pouvoir en place d’avoir préparé et exécuté un système de manipulation des résultats avec la complicité de l’Autorité nationale des élections (ANE). Selon lui, le scrutin s’est déroulé dans des conditions non transparentes, marquées par de nombreuses irrégularités.
« Nous disposons aujourd’hui de procès-verbaux contradictoires, de preuves d’entraves au travail de nos mandataires et d’éléments attestant de manipulations lors de la centralisation des résultats », a affirmé le leader de l’URCA. Il évoque également l’implication présumée de plusieurs gouverneurs, préfets et sous-préfets dans l’organisation de fraudes à grande échelle. « Tout le monde a vu sur les réseaux sociaux ces vidéos de procès-verbaux abandonnés, déchirés ou jetés dans les quartiers. C’est moi qui ai gagné », a-t-il martelé, refusant par avance de reconnaître des résultats qui ne le proclameraient pas vainqueur.
Réaction du parti au pouvoir
Du côté du Mouvement cœurs unis (MCU), parti au pouvoir, ces accusations sont rejetées en bloc. Le porte-parole du MCU, Évariste Ngamana, estime que la sortie de l’opposant relève davantage d’une stratégie politique que de faits avérés. « La Constitution et le code électoral sont clairs : seuls l’Autorité nationale des élections et le Conseil constitutionnel sont habilités à proclamer les résultats provisoires et définitifs », a-t-il rappelé.
Pour le MCU, Anicet-Georges Dologuélé ferait preuve de précipitation et chercherait à masquer une défaite annoncée. « Tous les autres candidats attendent sereinement la publication des résultats. Parler de fraude sans preuves formelles, c’est amuser la galerie », a insisté le porte-parole du parti présidentiel.
L’ANE appelle au calme
Face à la polémique, l’Autorité nationale des élections a tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale sur la transparence du processus électoral en cours. Elle annonce que les résultats provisoires de l’élection présidentielle seront publiés le 5 janvier 2026.
En attendant, le climat politique reste tendu à Bangui, alors que la communauté nationale et internationale observe avec attention l’issue de ce scrutin crucial pour la stabilité du pays.

