La chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a examiné une affaire particulièrement sensible mettant en cause un coxeur de 43 ans, identifié par les initiales C. B., poursuivi pour des abus présumés commis sur deux fillettes âgées de 8 et 9 ans au début de l'année 2023.
Selon les éléments présentés à l'audience, les mères des deux enfants, commerçantes à l'arrêt des cars rapides de Pikine Tally Boumack, lui faisaient confiance et lui confiaient régulièrement leurs filles en leur absence.
L'accusation soutient que le prévenu profitait de cette situation pour isoler les enfants dans des endroits discrets, notamment derrière des caisses de fruits ou dans des locaux inoccupés d'une école primaire, où il leur aurait imposé des attouchements. Il leur aurait également remis de petites sommes d'argent tout en les menaçant afin qu'elles gardent le silence.
L'affaire a été révélée après le témoignage d'un vendeur de lunettes installé à proximité, qui affirme avoir été témoin d'une scène suspecte avant d'alerter la mère de l'une des victimes. Cette dernière a déclaré qu'au commissariat, le mis en cause aurait tenu une phrase particulièrement choquante : « À défaut d'avoir la mère, je me contentais de la fille. »
À la barre, C. B. a rejeté toutes les accusations. Il affirme être victime d'un complot lié à une dette de 25 000 FCFA qu'il n'aurait pas remboursée, soutenant que cette affaire aurait été montée de toutes pièces contre lui.
Le ministère public a toutefois estimé que les déclarations des deux victimes, corroborées par le témoignage du témoin oculaire, constituaient des éléments suffisamment solides pour établir les faits. Le procureur a ainsi requis 10 ans de réclusion criminelle contre le prévenu.
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 4 août prochain.
