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ENTRETIEN – Gilbert Samb : « La coalition Diomaye ne peut pas être confisquée par un seul parti »


Rédigé le Samedi 11 Juillet 2026 à 22:08 | Lu 70 fois Rédigé par


Conseiller municipal à Thiès-Ouest, membre de la coalition Diomaye Président et agent de La Poste, Gilbert Samb s’est longuement confié à Thiesinfo. Dans cet entretien sans détour, il réaffirme son soutien au président Bassirou Diomaye Faye, revendique la contribution des alliés à la victoire de 2024, critique sévèrement la posture d’Ousmane Sonko, annonce ses ambitions pour la mairie de Thiès-Ouest et dénonce un traitement professionnel qu’il considère comme une sanction politique à La Poste.

Note de la rédaction : Les appréciations, accusations et chiffres avancés dans cet entretien relèvent de la responsabilité de l’invité. Les personnes et institutions citées disposent d’un droit de réponse dans les colonnes de Thiesinfo.


 

 

Thiesinfo : Gilbert Samb, vous êtes aujourd’hui membre de la coalition Diomaye Président. Certains parlent d’une nouvelle orientation politique. Est-ce une transhumance ?

Gilbert Samb : Non, je ne considère pas cela comme une transhumance. Pour moi, on ne doit pas entrer en politique pour défendre uniquement ses intérêts personnels. On entre en politique pour servir les Sénégalais et travailler pour la population.
Les Sénégalais ont confié leur avenir au président Bassirou Diomaye Faye. À partir de ce moment, toute personne qui prétend servir le peuple doit accompagner l’orientation choisie par celui-ci. Ma première mission politique est donc d’aider le président de la République à réussir le travail que les Sénégalais lui ont confié.
Je ne cours pas derrière un poste. Je suis un travailleur et j’irai jusqu’à la retraite. Ce qui motive mon engagement, ce sont les populations de Thiès, les femmes et les jeunes qui nous suivent et qui espèrent une amélioration de leurs conditions de vie.

Vous affichez également une grande proximité avec le ministre Serigne Guèye Diop. Quelle place occupe-t-il dans votre engagement ?

Le docteur Serigne Guèye Diop est mon leader politique, mon grand frère et mon guide. Il a laissé des empreintes visibles dans le développement local et dans le domaine industriel.
Ce qui m’intéresse chez lui, ce n’est pas l’argent. Il ne m’a jamais remis d’argent et je ne lui en ai jamais demandé. Ce qui m’attire, ce sont ses valeurs, son expérience et les résultats obtenus à Sandiara.
Quand on regarde les unités industrielles installées à Sandiara, les emplois créés et les accords de coopération conclus avec plusieurs partenaires étrangers, on comprend qu’il constitue un modèle pour les élus locaux.
Je dis souvent que je suis un « Serigne Guèye Diop ambulant », parce que je souhaite m’inspirer de son expérience pour servir Thiès.

Le paiement des bourses familiales a suscité beaucoup de commentaires. Certaines familles pensent avoir été écartées. Que leur répondez-vous ?

Les bourses familiales n’ont pas été supprimées. Beaucoup de cartes avaient simplement atteint leur durée de validité, qui est de cinq ans. Les bénéficiaires concernés doivent engager une procédure de renouvellement.
Lorsqu’une personne se présente à La Poste avec une carte arrivée à expiration, on lui demande de retourner auprès du service où son dossier avait été constitué afin de renouveler ses documents. Une fois la nouvelle carte disponible, elle peut reprendre ses paiements.
D’autres bénéficiaires ont également été intégrés à la suite des enquêtes sociales. En tant qu’agent de La Poste, même si je ne travaille pas directement dans le service chargé du paiement, je constate que le nombre de bénéficiaires a augmenté.
Notre souhait est que cette politique de protection sociale soit encore renforcée d’ici 2029 afin que davantage de familles vulnérables puissent en profiter.

Le slogan « Sonko mooy Diomaye, Diomaye mooy Sonko » avait marqué la présidentielle. Aujourd’hui, on distingue davantage les partisans de Diomaye et ceux d’Ousmane Sonko. Comment analysez-vous cette évolution ?

Ce slogan a été très efficace sur le plan politique, mais il ne doit pas effacer la réalité de la coalition qui a porté Bassirou Diomaye Faye.
La coalition Diomaye Président ne se résumait pas à Pastef. Elle comprenait plusieurs partis et mouvements, notamment la plateforme dirigée par le docteur Serigne Guèye Diop, Mimi 2024, Awalé et d’autres forces politiques.
Nous pouvions également dire : « Abdourahmane Diouf, c’est Diomaye », « Mimi Touré, c’est Diomaye » ou « Serigne Guèye Diop, c’est Diomaye », parce que tous ces responsables ont participé à la victoire.
Pastef a mieux exploité le slogan et disposait d’une force de communication importante. Mais personne ne doit aujourd’hui confisquer la victoire. Nous étions tous des « Diomaye ambulants » durant la campagne.

Quel a été concrètement l’apport des autres membres de la coalition ?

Les responsables et militants ont participé financièrement, mis des véhicules à la disposition de la campagne, consacré leur temps et parcouru le pays pour convaincre les Sénégalais.
Nous avons expliqué aux populations que Bassirou Diomaye Faye devait construire un Sénégal plus solide, fondé sur l’équité, l’indépendance de la justice et une économie dans laquelle tout le monde trouve sa place.
Nous avons également insisté sur la nécessité de soutenir le secteur informel et de faire en sorte que le développement ne profite pas uniquement à quelques catégories privilégiées.
Selon ma propre appréciation, une part très importante des électeurs ayant porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir provenait des différentes composantes de la coalition. La victoire appartient donc à l’ensemble de la coalition et aux Sénégalais.

Certains estiment pourtant que, sans le choix d’Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye ne serait pas devenu candidat.

Plusieurs scénarios avaient été étudiés. Les noms de Habib Sy et de Cheikh Tidiane Dièye avaient notamment circulé. Habib Sy disposait même d’un parrainage parlementaire.
Bassirou Diomaye Faye était cependant secrétaire général du Pastef et faisait partie des responsables sur lesquels Ousmane Sonko pouvait s’appuyer. Mais il faut également rappeler que des membres de la coalition avaient commencé à chercher des parrainages et à organiser une candidature avant l’élargissement définitif de la coalition.
Ousmane Sonko est lui-même venu discuter avec les responsables afin que nous nous retrouvions dans la coalition. Nous avons accepté parce que l’objectif principal était de permettre l’alternance et de gagner l’élection.
La coalition n’a donc pas été créée par une seule personne. Plusieurs responsables ont participé à sa construction, à son implantation et à sa victoire.

Vous êtes devenu particulièrement critique envers Ousmane Sonko. Lui reprochez-vous de vouloir affaiblir le président de la République ?

Je ne déteste pas Ousmane Sonko. Je conteste sa manière de faire et certains de ses comportements politiques.
Bassirou Diomaye Faye est aujourd’hui le président de tous les Sénégalais. Il doit disposer de l’autorité nécessaire pour conduire le pays. Aucun responsable, aussi populaire soit-il, ne doit donner l’impression qu’il peut dicter publiquement sa conduite au chef de l’État.
Le président lui a accordé sa confiance en le nommant Premier ministre. Il lui a donné d’importantes responsabilités. En retour, chacun doit travailler dans le respect de l’autorité présidentielle et de la cohésion gouvernementale.
Les Sénégalais ont élu Bassirou Diomaye Faye. Lors des élections législatives, ils ont également donné une majorité à la liste soutenant son pouvoir afin qu’il puisse gouverner. Les députés doivent donc accompagner le président dans la mise en œuvre de son programme, et non participer à des querelles de leadership.

Vous affirmez que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont des personnalités très différentes.

Je connais Bassirou Diomaye Faye depuis bien avant son accession à la magistrature suprême. Je l’ai connu lorsqu’il était inspecteur des Domaines.
C’est un homme serein, posé et travailleur. Il vient d’un milieu rural modeste. Il sait les sacrifices consentis par ses parents pour financer ses études, acheter ses fournitures et lui permettre de poursuivre sa formation à Dakar.
Il a travaillé pour réussir ses examens et devenir inspecteur des Domaines. À un certain moment, il avait même des responsabilités administratives supérieures à celles d’Ousmane Sonko.
Bassirou Diomaye Faye est un homme discret, qui ne cherche pas à humilier les autres. Ousmane Sonko lui-même avait reconnu que le président pouvait rester à son bureau jusqu’à trois ou quatre heures du matin pour travailler.
Cette retenue ne doit pas être interprétée comme une faiblesse. Le président est conscient de la mission que les Sénégalais lui ont confiée.

Vous avez également évoqué la justice et les magistrats. Quel message souhaitez-vous faire passer ?

Les magistrats doivent être respectés. Ils viennent de toutes les catégories de la société, y compris des familles paysannes et des villages. Ils connaissent les réalités du pays et les valeurs de la société sénégalaise.
Le Conseil constitutionnel, la Cour suprême, les cours d’appel et les différentes juridictions sont des institutions essentielles. On peut critiquer une décision, mais on ne doit pas traiter les magistrats de tous les noms.
Le Sénégal est un État de droit. Il ne doit pas y avoir une justice différente selon que l’on est puissant ou non. Les dossiers doivent être traités sur la base des faits et du droit.
Je salue également les concertations engagées sur la justice. Elles doivent permettre de renforcer la transparence et la confiance entre les citoyens et les institutions.

Vous avez émis des réserves sur la gestion de l’Assemblée nationale.

J’ai posé des questions concernant le budget de l’Assemblée nationale, la gestion du parc automobile, les ordres de mission et les moyens attribués aux députés.
Les Sénégalais ont le droit de savoir comment sont utilisés les moyens publics. L’Assemblée compte 165 députés. Lorsque des véhicules, du carburant ou des missions sont accordés, il faut des règles transparentes et équitables.
Une partie de mes observations porte également sur l’organisation des cabinets et les avantages accordés à certaines personnes. Je demande simplement de la transparence et une gestion conforme à l’intérêt général.
Le président Bassirou Diomaye Faye a effectué sa déclaration de patrimoine. J’estime que les autres responsables assujettis aux mêmes obligations doivent également se conformer aux règles prévues.

Vous avez été interpellé sur certaines personnalités politiques, notamment Amadou Ba. Quel jugement portez-vous sur sa posture ?

Je considère qu’Amadou Ba a mal géré sa posture politique et qu’il s’est laissé entraîner dans des prises de position qui ne correspondent pas à l’image que je me fais d’un responsable politique thiessois.
Un Thiessois doit avoir le courage de dire ce qu’il pense et de rester fidèle à la vérité, même lorsqu’il subit des attaques. Il ne doit pas changer de discours en fonction des circonstances.
C’est mon appréciation personnelle. Je ne prétends pas détenir toute la vérité sur son parcours.

Quel regard portez-vous sur les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et la région de Thiès ?

Bassirou Diomaye Faye est un fils de la région de Thiès. Les populations de Thiès doivent l’accompagner à la fois pour les valeurs qu’il incarne et parce qu’il est issu de notre région.
Le président a montré son attachement à Thiès dans ses discours et à travers certaines nominations. Je pense notamment à Maître Ousmane Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, que je considère comme un digne fils de Thiès.
Plusieurs responsables de la coalition Diomaye Président sont également implantés dans le département : Abdoulaye Fall Mao, Massamba Diop, Pape Siré Dia et de nombreux cadres, élus, avocats, notaires et responsables de mouvements.
Dans plusieurs communes du département, les populations soutiennent le président. Même dans les localités où certains maires n’avaient pas rejoint la coalition, une partie importante des habitants avait choisi Bassirou Diomaye Faye.

Vous avez évoqué l’organisation de la fête nationale du 4 Avril à Thiès. Revendiquez-vous un rôle particulier ?

Plusieurs responsables ont contribué à convaincre le président de choisir Thiès pour accueillir les activités du 4 Avril. Je revendique ma part dans ce travail, sans nier la contribution des autres.
Thiès s’est fortement mobilisée pour accueillir le chef de l’État. Le président éprouve de l’affection pour les populations de Thiès et celles-ci le lui rendent.
L’essentiel n’est cependant pas de savoir qui a personnellement convaincu le président. Ce qui compte, c’est que Thiès bénéficie des investissements, des infrastructures et de l’attention des pouvoirs publics.

Les élections locales approchent progressivement. Êtes-vous candidat à la mairie de Thiès-Ouest ?

Les populations me poussent à être candidat à la mairie de Thiès-Ouest. Elles me demandent de porter un projet pour la commune.
Je déposerai ma candidature comme les autres responsables intéressés. Cependant, le dernier mot appartiendra à la coalition Diomaye Président et à ses instances.
Je suis attaché à la discipline de coalition. Si le président et les responsables chargés de superviser les investitures choisissent une autre personne, je me rangerai derrière cette décision et je donnerai toute mon énergie pour faire élire le candidat retenu.
Mon ambition personnelle ne peut pas passer avant l’intérêt de Thiès. Je veux servir la ville, mais le président de la République et la coalition disposent de davantage d’informations pour déterminer la meilleure stratégie.

Quel projet souhaitez-vous proposer aux habitants de Thiès-Ouest ?

Je ne veux pas me présenter devant les populations les mains vides en promettant simplement de développer Thiès.
Je veux m’appuyer sur des expériences réussies, notamment celle de Sandiara sous la conduite du docteur Serigne Guèye Diop. Il faut attirer des industries, développer les coopérations internationales, créer des emplois et donner davantage de perspectives aux jeunes.
Une collectivité locale doit savoir négocier avec les partenaires nationaux et étrangers. Elle doit disposer d’un projet économique précis et ne pas dépendre uniquement des transferts de l’État.
C’est dans cette logique que Serigne Guèye Diop constitue pour moi un repère politique et un modèle de gestion locale.

Pensez-vous que Thiès est suffisamment représentée dans les nominations ?

Le président de la République nomme aux emplois civils et militaires. Il a déjà accordé certaines responsabilités à des fils de Thiès, mais beaucoup de postes restent encore à pourvoir.
Thiès dispose de cadres compétents qui pourraient diriger des sociétés nationales ou des directions générales. Certains pourraient même exercer des responsabilités plus élevées sans démériter.
Je ne réclame pas un poste pour Gilbert Samb. Je demande que les responsables ayant travaillé pour la coalition et possédant les compétences nécessaires puissent contribuer à la gestion du pays.
Je pense notamment à plusieurs cadres locaux issus des mouvements et partis membres de la coalition. L’objectif est que Thiès bénéficie réellement de la présence de ses fils dans les institutions.

Birame Souleye Diop pourrait-il devenir un adversaire politique de votre coalition à Thiès ?

Je ne considère pas Birame Souleye Diop comme un ennemi. Je le connais depuis l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, lorsque nous évoluions dans les organisations de jeunesse.
C’est un fils de Thiès et un responsable qui a occupé d’importantes fonctions. Je pense cependant qu’il a mal choisi son positionnement actuel.
Bassirou Diomaye Faye n’est pas seulement son ancien collègue : c’est aussi son frère. Birame Souleye Diop connaît personnellement les qualités du président.
Je pense qu’un jour il pourra revoir son positionnement et retrouver la place qui devrait être la sienne auprès du président de la République.

Une grande partie de l’entretien a porté sur votre situation professionnelle à La Poste. Que s’est-il exactement passé ?

Je suis un agent de La Poste. Le directeur général a le pouvoir de m’affecter. S’il m’envoie à Bakel, je me rendrai à Bakel pour prendre service, parce que je travaille pour nourrir ma famille et assumer mes responsabilités.
À son arrivée, le directeur général m’a retiré de mon poste d’assistant au quatrième étage. Deux mois plus tard, mon différentiel a été supprimé, entraînant, selon mes bulletins de salaire, une baisse mensuelle de 204 000 francs CFA.
J’ai également constaté un changement de catégorie. J’étais classé comme cadre, selon les références figurant sur mes documents, avant d’être ramené à un niveau d’agent de maîtrise.
J’ai demandé des explications et réclamé les documents administratifs justifiant ces décisions. Je me suis adressé aux responsables des ressources humaines et au chef du personnel, mais je n’ai pas obtenu les pièces demandées.
J’estime que cette décision n’est pas conforme au Code du travail et aux procédures internes de l’entreprise.

La direction vous aurait également reproché des absences.

J’ai connu des problèmes de santé et j’ai été hospitalisé. J’ai effectué plusieurs consultations, notamment auprès d’un ophtalmologue. Lorsque l’administration m’a demandé des explications, j’ai transmis mon dossier médical.
Je continuais à travailler. Pourtant, j’ai constaté que mon salaire n’était pas versé normalement. Une enquête interne a été confiée au service compétent de La Poste.
J’ai été convoqué et j’ai présenté tous mes documents : les justificatifs médicaux, mon calendrier de travail et les pièces démontrant les jours où j’étais présent.
Il m’a ensuite été demandé d’effectuer une reprise de service, alors que je soutiens n’avoir jamais abandonné mon poste. J’ai accepté de régulariser la situation afin que mon salaire puisse être traité.
Une avance correspondant à une partie de ma rémunération m’a été versée, mais je réclame toujours, selon mes calculs, des sommes qui restent dues.

Avez-vous engagé des démarches auprès du directeur général ?

J’ai écrit à plusieurs reprises au directeur général. J’ai également consulté un avocat, d’autant plus qu’avant d’intégrer La Poste, j’avais travaillé comme clerc dans un cabinet d’avocat.
Mon conseil m’a recommandé de rechercher d’abord un règlement à l’amiable. J’ai suivi cette recommandation. Mais si aucune solution n’est trouvée, je saisirai les juridictions compétentes.
Je ne réclame pas un privilège. Je demande simplement le respect de mes droits, le rétablissement de ma situation administrative et le paiement de ce qui m’est dû.

Vous considérez donc que ces mesures sont liées à votre appartenance à la coalition Diomaye Président ?

C’est ma conviction. Je pense que certaines personnes au sein de La Poste me reprochent d’être engagé aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye plutôt que de me réclamer exclusivement de Pastef ou d’Ousmane Sonko.
Je poursuivrai mon engagement, quelle que soit mon affectation. Si l’on m’envoie dans une autre région, je travaillerai là-bas et je continuerai à expliquer la politique du président aux populations et à mes collègues.
J’ai également cité le cas d’autres agents qui, selon moi, auraient rencontré des difficultés administratives ou des problèmes d’affectation en raison de leur proximité avec la coalition Diomaye Président.
Ces éléments doivent faire l’objet de vérifications. Ce que je demande, c’est que les décisions professionnelles ne soient pas influencées par les appartenances politiques.

Vous mettez directement en cause le directeur général de La Poste, Maguette Kane.

Je considère qu’il doit se concentrer sur les véritables difficultés de La Poste : les problèmes logistiques, l’acheminement du courrier, les transferts d’argent, les finances de l’entreprise et le paiement régulier des salaires.
Les agents ont supporté les difficultés de La Poste pendant de nombreuses années. Ils ont besoin d’une direction qui rassemble et qui redresse l’entreprise.
Je pense que le directeur général a été nommé pour remettre La Poste sur les rails, et non pour conduire une mission politique contre les agents considérés comme proches du président Bassirou Diomaye Faye.
J’irai jusqu’au bout de mes démarches. Il ne s’agit pas d’une menace, mais de l’exercice de mes droits dans un État où la justice existe.

Demandez-vous une intervention du président de la République ?

Le président doit veiller à ce que les directeurs généraux qu’il nomme respectent les orientations de l’État et les droits des travailleurs.
Être directeur général ne signifie pas que l’on peut gérer une entreprise publique comme une propriété personnelle. Les responsables doivent rendre compte de leurs décisions et se consacrer à la mission qui leur a été confiée.
J’informe donc le président de ma situation, mais je continuerai parallèlement les démarches administratives et judiciaires nécessaires.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Thiessois et aux membres de la coalition Diomaye Président ?

Je remercie les populations de Thiès, les responsables et les militants de la coalition Diomaye Président.
Nous devons préserver l’unité, éviter les querelles inutiles et accompagner le président de la République dans son travail. Il faut lui laisser le temps de mettre en œuvre son programme.
Je prie pour que la paix règne au Sénégal et pour que la coalition puisse continuer à travailler dans la discipline et la solidarité.
Mon ambition est de servir Thiès. Si les populations et la coalition me font confiance pour Thiès-Ouest, j’assumerai cette responsabilité. Si une autre personne est choisie, je l’accompagnerai avec la même détermination.
Propos recueillis et mis en forme par Thiesinfo
Droit de réponse : La direction générale de La Poste, Ousmane Sonko, Maguette Kane ainsi que toutes les personnes directement citées dans cet entretien peuvent faire parvenir leurs observations ou leur version des faits à la rédaction de Thiesinfo.



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