Mexico a été le théâtre, samedi 10 janvier, d’une vaste mobilisation populaire contre ce que les manifestants qualifient d’« impérialisme américain ». À l’appel de collectifs militants et d’organisations sociales, plusieurs milliers de personnes ont parcouru le Paseo de la Reforma, brandissant des pancartes hostiles à Washington et dénonçant les propos récents du président américain Donald Trump.
« Gringos, rentrez chez vous », « Les Yankees hors d’Amérique latine » ou encore « Les États-Unis ne sont pas la police du monde » : les slogans témoignaient d’une colère alimentée par les récentes déclarations du chef de l’État américain. Cette semaine, Donald Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient mener des frappes sur le sol mexicain pour lutter contre les cartels de la drogue, ravivant de vives inquiétudes au sein de la population.
Crainte d’une intervention militaire
Au-delà de l’indignation, une peur diffuse traverse désormais la société mexicaine. « Avec ce qu’ils ont fait au Venezuela, à quoi devons-nous nous attendre ici ? », s’interroge Estela Veracruz, présente dans le cortège. Pour beaucoup, l’intervention américaine au Venezuela constitue un précédent alarmant.
Drapeau vénézuélien à la main, Alma Alvaro dénonce une vision dépassée des relations régionales : « Trump continue de penser que l’Amérique latine est l’arrière-cour des États-Unis. Nous refusons cette logique. »
La souveraineté au cœur du discours officiel
Face à la montée des tensions, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réaffirmé à plusieurs reprises que « la souveraineté du Mexique est inviolable ». Tout en assurant que les relations diplomatiques avec Washington restent correctes, elle a fermement rejeté toute idée d’intervention militaire étrangère sur le territoire national.
Oscar, représentant d’une organisation ouvrière, appelle à une mobilisation régionale : « Nous avons besoin d’un front anti-impérialiste en Amérique latine. Le gouvernement doit rester ferme, soutenu par un peuple organisé qui refuse des concessions injustifiées. »
Coopération sécuritaire sous pression
Selon l’AFP, le Mexique a pourtant renforcé sa coopération sécuritaire avec les États-Unis, notamment à la frontière, et a extradé en 2025 plusieurs dizaines de figures du narcotrafic vers le voisin du nord. Une collaboration que Claudia Sheinbaum souhaite maintenir, tout en excluant catégoriquement la présence de forces américaines sur le sol mexicain.
Donald Trump, de son côté, continue de faire pression sur Mexico, l’exhortant à « se ressaisir » dans la lutte contre le narcotrafic et sur les questions commerciales. Il affirme avoir proposé l’envoi de troupes américaines, une option déjà rejetée par les autorités mexicaines.

