Domicilié à Keur Massar, le jeune homme s’était fait passer pour un marabout aux pouvoirs mystiques afin de soutirer de l’argent et des biens à sa victime, A. Mbaye, un commerçant de 26 ans établi à Thiès.
Un geste de solidarité à l’origine du piège
L’affaire débute par un acte de générosité. Touché par la situation précaire d’un voisin rencontré à la Place de France, A. Mbaye lui remet la modeste somme de 500 FCFA. Un geste qui, loin d’être anodin, va ouvrir la voie à une spirale d’abus.
Profitant de la relation de confiance, Babacar Sy contacte ensuite le commerçant par téléphone et se présente comme un marabout doté de pouvoirs extraordinaires, capable de transformer sa vie. Il promet richesse, protection mystique et succès, à condition de financer des rituels occultes.
Rituels fictifs et transferts d’argent
Convaincu, A. Mbaye accepte un premier rendez-vous dans un lieu présenté comme mystique. Le faux marabout prétend pouvoir transformer sa bague en or en os, preuve supposée de ses pouvoirs. Dès lors, la victime exécute scrupuleusement ses instructions et envoie régulièrement de l’argent via Wave et Orange Money pour financer ces prétendus rituels.
Progressivement, les exigences augmentent. Babacar Sy pousse la manipulation plus loin et parvient à convaincre le commerçant de lui céder sa moto, présentée comme indispensable à l’accomplissement d’un rituel décisif.
La menace ultime : la métamorphose en chat
L’escroquerie bascule alors dans le chantage pur. Selon la plainte, Babacar Sy devient de plus en plus agressif et profère des menaces explicites. Sentant son emprise fragilisée après que la victime s’est confiée à son père, il brandit une intimidation aussi absurde que terrifiante : transformer A. Mbaye en chat s’il refuse d’obéir.
Dans un contexte où les croyances mystiques restent profondément ancrées, cette menace vise à maintenir une domination psychologique totale. Le faux marabout exige alors bijoux en or et objets de valeur appartenant à la mère de la victime, chaque hésitation étant sanctionnée par la même menace.
Arrestation sous le pont de Cambérène
L’ultime rendez-vous est fixé à Dakar, sous le pont du croisement de Cambérène, lieu choisi pour une nouvelle extorsion. Terrorisé mais décidé à mettre fin à cette situation, A. Mbaye dépose plainte.
Alertée, la brigade de gendarmerie de Hann Maristes met en place un dispositif discret et interpelle Babacar Sy sur les lieux. Son arrestation met fin à plusieurs mois de manipulation, d’extorsion et de terreur psychologique.
L’enquête se poursuit afin d’évaluer l’ampleur exacte du préjudice subi par la victime et de vérifier si d’autres personnes ont pu tomber dans le même piège.
