Une affaire aussi insolite que révélatrice des abus de confiance a été tranchée par le Tribunal de grande instance de Mbour. Selon le quotidien L’Observateur, un menuisier répondant au nom de M. Seck, domicilié à Thiocé-Est, a été reconnu coupable d’avoir détourné des meubles confiés par deux clientes, allant jusqu’à offrir une chambre à coucher à sa propre mère.
Les faits remontent au mois de mai 2025. Désireuses de renouveler leur mobilier, deux sœurs, Mame T. Bèye et son aînée, font appel à M. Seck, un artisan qu’elles connaissent et en qui elles placent une totale confiance. Faute d’espace à leur domicile et redoutant les effets de l’hivernage, elles lui confient plusieurs meubles pour stockage : fauteuils, tables à manger, accessoires divers et une chambre à coucher.
Mais cette relation de confiance va rapidement se transformer en trahison.
À l’approche de la Tabaski 2025, le menuisier propose aux deux sœurs de vendre les meubles, leur promettant de bons acheteurs et une transaction avantageuse. Séduites par l’offre, elles acceptent et fixent le montant global de la vente à 650 000 FCfa.
Selon L’Observateur, après avoir vendu une partie du mobilier et utilisé l’argent à des fins personnelles, M. Seck franchit un cap supplémentaire : il expédie la chambre à coucher à sa mère, vivant dans une région du centre du pays, en guise de cadeau de fête. Or, ce meuble est estimé à 300 000 FCfa par ses propriétaires.
Après plusieurs mois de démarches infructueuses pour récupérer leur bien ou leur argent, les deux sœurs saisissent la justice. En décembre 2025, elles déposent une plainte au commissariat de Saly Portudal. Le menuisier est arrêté et placé en détention.
À la barre, M. Seck reconnaît partiellement les faits. Il conteste avoir gardé l’argent issu de certaines ventes, mais admet avoir pris et offert la chambre à coucher à sa mère.
Face à la gravité de la situation, les proches du prévenu tentent de limiter les dégâts. Toujours selon L’Observateur, ils remettent aux plaignantes, directement au tribunal, un acompte de 200 000 FCfa, promettant de solder les 100 000 FCfa restants.
Le procureur de la République dénonce fermement le comportement de l’artisan et requiert une application rigoureuse de la loi. Le tribunal le déclare finalement coupable d’abus de confiance.
M. Seck est condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis. Le juge ordonne également le remboursement intégral du solde de 100 000 FCfa aux victimes, mettant ainsi un terme judiciaire à une affaire qui rappelle les risques liés à la confiance aveugle dans les relations professionnelles.
