Le projet industriel envisagé est ambitieux : une mine souterraine, une usine de traitement de 1 500 tonnes par jour et une centrale électrique de 12 mégawatts, pour un investissement global d’environ 170 millions de dollars. Selon Shanta Gold, cette exploitation permettra de stimuler le développement local grâce à la création d’emplois et d’activités commerciales. L’entreprise assure également que le comté de Kakamega recevra 20 % des redevances minières, tandis que les communautés locales en percevront 10 %.
Mais sur le terrain, la promesse peine à convaincre. À Ikolomani, l’orpaillage artisanal constitue depuis les années 1930 la principale source de revenus pour des milliers de familles. Craignant des déguerpissements forcés et la disparition de leur gagne-pain, les habitants multiplient les manifestations contre le projet.
Malgré les assurances du gouvernement, notamment celles d’Ali Hassan Joho, directeur de cabinet du ministère des Mines, qui affirme que des zones seront réservées aux orpailleurs traditionnels, la méfiance reste profonde. Début décembre, une réunion consacrée au projet a dégénéré en affrontements violents, au cours desquels quatre orpailleurs ont été tués par la police, accentuant le climat de colère et de défiance.
Sur le plan économique, le Kenya demeure un acteur modeste du secteur aurifère, avec une production de 410 kilos d’or en 2023, loin derrière des géants africains comme le Ghana ou l’Afrique du Sud. Toutefois, son potentiel est reconnu : l’Institut Fraser classe le pays 6ᵉ en Afrique en matière d’attractivité pour les investissements miniers.
Cette découverte pourrait ainsi marquer un tournant majeur pour l’économie kényane, à condition que l’exploitation des ressources ne se fasse pas au détriment des communautés locales, déjà fragilisées.
