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Kaffrine : des difficultés persistantes dans l’écoulement des graines d’arachide


Rédigé le Lundi 5 Janvier 2026 à 17:13 | Lu 104 fois Rédigé par


À Kaffrine, de nombreux paysans peinent à vendre leurs graines d’arachide malgré le lancement officiel de la campagne de commercialisation depuis le 8 décembre.


 

Dans la région de Kaffrine, au centre du pays, de nombreux producteurs éprouvent des difficultés à trouver des acheteurs pour leurs graines d’arachide, alors même que la campagne de commercialisation a officiellement démarré le 8 décembre.

Le calme observé autour des magasins de collecte illustre la lenteur de la campagne. Dans plusieurs localités, des charrettes chargées de sacs d’arachide stationnent le long des routes, tandis que des camions restent immobilisés. À l’ombre des hangars, des paysans attendent l’arrivée de commerçants qui tardent à se manifester.

Ce manque de clientèle est visible dans la plupart des points habituels de collecte de la région. Les sacs d’arachide s’accumulent, sans pesage, faute d’acheteurs. Lassés par l’attente, certains agriculteurs repartent avec leurs récoltes. Le marché dit “Syndicat” de Kaffrine, pourtant un centre important de commercialisation des produits agricoles et horticoles, n’échappe pas à cette situation.

Installé sur sa charrette, Amadou Wilane observe le va-et-vient des producteurs, entouré de sacs éventrés laissant échapper des graines. Il explique être présent quotidiennement sur les lieux, sans parvenir à vendre sa production, en l’absence d’acheteurs.

Dans le village de Wilane Gouye, Samba Wilane reconnaît avoir vendu une partie de sa récolte à 205 francs CFA le kilogramme, bien en dessous du prix officiel fixé à 305 francs CFA. Il justifie cette décision par des charges financières urgentes qu’il ne peut différer.

Badou Segnane, agriculteur à Haffé Mouride, indique avoir consacré plusieurs hectares à la culture de l’arachide cette année. Sa récolte, entièrement stockée, reste invendue. Il confie s’être endetté pour rémunérer ses ouvriers agricoles à hauteur de 300 000 francs CFA chacun, espérant rembourser après la vente de ses sacs.

Du côté des commerçants, les difficultés sont également évoquées. À Escale, un quartier de Kaffrine, Ndiaga Wade affirme ne pas disposer de ressources suffisantes pour acheter les quantités souhaitées. Il explique que le coût du transport d’un camion vers les usines est passé de 300 000 à 500 000 francs CFA, ce qui pèse lourdement sur leurs capacités financières.

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) achète pourtant le kilogramme d’arachide à 335 francs CFA, les commerçants servant d’intermédiaires entre les producteurs et l’entreprise.

Contrairement à cette situation morose, la campagne connaît une meilleure dynamique dans certaines localités comme Koungheul, Maka Yopp, Missirah Wadène, Sagna, Malem-Hodar, Pathé Thiangaye et Diockoul Mbelbouck. Dans ces zones, les espaces de collecte mis en place par un opérateur économique fonctionnent normalement, avec des paiements effectués en espèces et des rotations régulières de camions vers les usines.

Sous les hangars, les sacs sont soigneusement stockés et des équipes de jeunes procèdent au tri des graines à l’aide de machines, malgré la poussière omniprésente. À Missirah Wadène, le gérant d’un magasin assure que les graines sont achetées au prix fixé par l’État et réglées immédiatement.

À Koungheul, Dagay Ndène, Birkelane et Diamal, la commercialisation se déroule sans difficulté majeure. Cependant, cette embellie reste limitée.

Selon le secrétaire général d’une association d’agriculteurs, de nombreux paysans de Kaffrine sont à bout, confrontés au manque de liquidités des commerçants après une année entière de travail.

D’après le chef du service départemental du développement rural, seuls quatre des trente points de collecte du département de Kaffrine fonctionnent correctement à ce stade de la campagne.