Selon l’agence de presse Mehr, citée par l’AFP, Ali Azizi, membre du Bassidj – force paramilitaire affiliée aux Gardiens de la Révolution – a été tué à Harsin, poignardé et atteint par balles lors d’un rassemblement qualifié « d’émeutiers armés ». Les Gardiens de la Révolution ont annoncé qu’il était « tombé en martyr », renforçant le discours sécuritaire du régime.
Mobilisation éclatée et difficile à contenir
À Téhéran, des manifestations ont éclaté à la tombée de la nuit dans plusieurs quartiers, notamment dans des zones populaires où des feux ont été allumés sur la voie publique. Selon des sources locales, la mobilisation reste fragmentée : quelques dizaines à quelques centaines de personnes se rassemblent simultanément dans différents quartiers, compliquant l’intervention des forces de l’ordre.
Des protestations ont également été signalées dans une trentaine de villes de province. Les slogans visent directement le pouvoir, certains appelant ouvertement à un changement de régime, tandis que d’autres expriment une nostalgie pour la monarchie Pahlavi. À Qom, ville sainte et bastion religieux du pays, des manifestants ont incendié des conteneurs à ordures et une voiture. Une agence iranienne a rapporté qu’un manifestant serait mort après l’explosion d’une grenade qu’il transportait.
Les autorités affirment avoir arrêté près d’une centaine de personnes ces derniers jours. La police évoque des individus impliqués dans la fabrication d’engins explosifs artisanaux et de cocktails Molotov.
Khamenei reconnaît la colère sociale, mais durcit le ton
Face à l’ampleur des troubles, le guide suprême Ali Khamenei a reconnu que certaines revendications économiques des manifestants étaient « justes », dans un contexte marqué par l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat. Mais il a aussitôt dénoncé les violences, estimant que les « émeutiers » devaient être « remis à leur place ».
Les autorités tentent désormais de distinguer les protestataires pacifiques – notamment des commerçants et bazaris – de ceux qu’elles qualifient de fauteurs de troubles. Pour Téhéran, la ligne est claire : toute contestation jugée violente ou subversive sera sévèrement réprimée.
Le régime dénonce un « complot étranger »
La dimension internationale est venue accentuer les tensions. Vendredi, Donald Trump a menacé l’Iran d’une intervention américaine si le régime réprimait violemment les manifestations. Le message, publié sur son réseau Truth Social, a également été diffusé en persan, un geste perçu à Téhéran comme une provocation directe.
La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Des responsables politiques et militaires ont averti que toute intervention des États-Unis ou d’Israël entraînerait une réponse « dure et immédiate », mettant en danger les soldats américains stationnés dans la région.
Sur le plan intérieur, les médias officiels ont relayé des images de violence extrême : hommes armés tirant en l’air, drapeaux iraniens brûlés, attaques contre des lieux religieux et profanation de corans. Pour les autorités, ces images visent à démontrer que l’Iran ferait face non plus à une simple contestation sociale, mais à une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger.
Alors que la mobilisation entre dans sa deuxième semaine, le bras de fer entre le pouvoir iranien, les manifestants et les acteurs internationaux semble appelé à se durcir, dans un climat de plus en plus explosif.

