Menu
L'Actualité au Sénégal

Infrastructures publiques : le gouvernement recense 245 projets et actifs confrontés à des blocages


Rédigé le Vendredi 22 Mai 2026 à 09:26 | Lu 40 fois Rédigé par


Le gouvernement sénégalais a identifié 245 infrastructures et projets confrontés à des difficultés financières, techniques ou juridiques pour plusieurs milliers de milliards FCFA.


 

Le Premier ministre Ousmane Sonko a dirigé, jeudi 21 mai 2026, un Conseil interministériel consacré aux infrastructures au Building administratif Président Mamadou Dia. Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des projets et actifs publics confrontés à différentes difficultés.
Selon le diagnostic présenté, 245 infrastructures et projets connaissent des blocages financiers, techniques, juridiques ou opérationnels pour des montants estimés à plusieurs milliers de milliards de francs CFA.
Parmi eux figurent 30 infrastructures déjà terminées mais toujours non exploitées. Sur ce total, 25 restent bloquées, représentant un investissement d’environ 279 milliards FCFA. Quinze projets ont été considérés comme prioritaires en raison de leur importance économique et stratégique.
Le gouvernement a également recensé 23 actifs déjà opérationnels pouvant faire l’objet d’une valorisation ou d’un recyclage, pour une valeur estimée à 1 065 milliards FCFA.
Concernant les projets en cours d’exécution, 94 ont été identifiés, dont 62 actuellement à l’arrêt. Les investissements engagés dans ces chantiers sont évalués à 5 227 milliards FCFA, tandis que près de 973 milliards supplémentaires seront nécessaires pour leur achèvement.
L’audit a aussi porté sur le patrimoine immobilier et foncier de l’État. Au total, 97 biens, principalement situés à Dakar, ont été répertoriés pour une valeur marchande estimée à 132 milliards FCFA.
Face à cette situation, Ousmane Sonko a annoncé plusieurs mesures visant à accélérer la mise en service, la finalisation ou la valorisation des infrastructures concernées. Il a demandé la création immédiate d’un comité inclusif chargé d’assurer un suivi hebdomadaire et de proposer, avant le 30 juin 2026, une feuille de route opérationnelle.
Cette structure devra notamment travailler sur les mécanismes de financement, les modèles de gestion et les stratégies de valorisation des actifs publics.
Le rapport présenté lors du Conseil interministériel souligne que les principales difficultés rencontrées restent liées au financement. Plusieurs projets souffrent de retards de paiement, d’un manque de crédits ou encore de problèmes techniques et juridiques.
Le chef du gouvernement a également pointé la situation des infrastructures achevées mais jamais utilisées, parfois depuis plusieurs années, évoquant notamment des problèmes de coordination ou l’absence de modèles d’exploitation adaptés.
Parmi les projets concernés figurent plusieurs infrastructures portuaires et maritimes, des Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté, des fermes villageoises Naatangué ANIDA ainsi que différents agropoles régionaux.
Le gouvernement cite également plusieurs grands chantiers à l’arrêt, notamment l’Université du Sine-Saloum, les Espaces numériques ouverts, certains aéroports régionaux, le Terminal à conteneurs du Port de Ndayane, le Mémorial du Bateau Le Joola et l’hôpital Aristide Le Dantec.
Les autorités souhaitent aussi renforcer les partenariats public-privé pour améliorer l’exploitation de certaines infrastructures publiques comme les stades, les parcs naturels ou certains biens immobiliers appartenant à l’État.
À travers cette opération, l’exécutif ambitionne d’améliorer la gestion des investissements publics, de réduire les actifs non exploités et de renforcer la rentabilité des infrastructures financées par l’État.