Thiès : la Caravane nationale de l’orientation ouvre ses portes aux futurs bacheliers
Chapo — La première étape de la Caravane nationale de l’orientation, de l’apprentissage et de la formation a été lancée à Thiès. Une initiative du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, destinée à rapprocher l’information des élèves, notamment ceux des régions de l’intérieur.
Une nouvelle approche après les limites du salon centralisé à Dakar
Partant des difficultés constatées dans l’orientation post-bac, le ministère de l’Enseignement supérieur avait initié, en juin 2025, un salon dédié à l’orientation, à l’apprentissage et à la formation. Mais l’évaluation de cette première expérience a révélé une limite majeure : son caractère centralisé à Dakar.
Pour corriger cette inégalité d’accès à l’information, les autorités ont opté cette année pour un dispositif itinérant. La caravane se déplace désormais vers les élèves, dans leurs régions, leurs villes et leurs terroirs, afin de leur expliquer les filières, les parcours de formation et les procédures d’inscription après le baccalauréat.
Thiès, première étape d’un dispositif national
Thiès a été choisie comme première étape de cette caravane nationale. Après Thiès, le dispositif doit poursuivre son parcours vers Ziguinchor, Tambacounda, Kaffrine, Diourbel, Matam, avant de terminer à Dakar le 11 juin 2026.
L’objectif est clair : offrir aux futurs bacheliers une cartographie complète des offres de formation disponibles dans les universités, les instituts supérieurs d’enseignement professionnel, ainsi que dans les établissements publics et privés.
Campusen au cœur de l’accompagnement des élèves
La caravane vise également à aider les élèves à mieux comprendre et utiliser la plateforme Campusen. Après l’obtention du baccalauréat, cette plateforme devient un passage obligatoire pour l’inscription et l’orientation dans l’enseignement supérieur.
Les responsables de l’orientation insistent ainsi sur la nécessité de préparer les élèves très tôt, afin d’éviter les mauvais choix de filières, les retards d’inscription et les incompréhensions souvent constatées après les résultats du bac.
Une synergie entre plusieurs ministères
La réussite de cette politique d’orientation repose sur une collaboration entre le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Formation professionnelle et technique.
Les Centres d’orientation scolaire et professionnelle jouent également un rôle important dans ce dispositif. Ils accompagnent les élèves dans le choix des filières, des concours, des écoles et des universités.
Le déséquilibre entre séries littéraires et scientifiques inquiète
Un constat majeur a été souligné : la forte baisse de la proportion des élèves scientifiques et techniques. Alors qu’en 1994 le Sénégal comptait environ 30 % de candidats scientifiques contre 70 % de littéraires, les projections pour le bac 2026 font état de 83 % de littéraires contre seulement 17 % de scientifiques et techniques.
Cette situation relance le débat sur l’orientation précoce des élèves, souvent dirigés vers les séries littéraires dès la classe de troisième, ce qui limite ensuite leur accès aux métiers scientifiques, techniques et industriels.
Vers une réforme du baccalauréat
Face à cette situation, les autorités annoncent une réforme du baccalauréat. L’idée est de passer d’un système composé de 18 séries à des parcours plus professionnalisants : numérique et innovation, agroalimentaire et environnement, industrie, économie et gestion.
Cette réforme devrait permettre de former des bacheliers plus opérationnels, avec des parcours comme le génie civil, le génie mécanique, le génie électrique ou encore la transition énergétique.
Les chiffres clés
- 1994 : 30 % de scientifiques contre 70 % de littéraires.
- Bac 2026 : 17 % de scientifiques et techniques contre 83 % de littéraires.
- 18 séries : le système actuel que les autorités veulent réformer.
- 11 juin 2026 : dernière étape prévue à Dakar.
Une initiative saluée à Thiès
À Thiès, cette caravane est perçue comme une réponse concrète aux besoins des élèves, surtout ceux qui n’ont pas toujours accès aux informations disponibles dans la capitale. Elle traduit une volonté de rapprocher l’État des futurs bacheliers et de mieux préparer leur insertion dans l’enseignement supérieur et le monde professionnel.
Thiesinfo