Selon les autorités locales et la presse indienne, au moins quinze décès ont été enregistrés dans un quartier de la ville, tandis que près de 2 500 personnes ont présenté des symptômes graves : diarrhées aiguës, vomissements, fièvres et déshydratation sévère. Parmi les victimes figure un nourrisson de six mois, symbole tragique de l’ampleur du drame.
Une contamination confirmée
Des analyses de laboratoire ont confirmé que l’eau distribuée dans la zone concernée était contaminée par des bactéries pathogènes, rendant sa consommation extrêmement dangereuse. Le maire d’Indore reconnaît une dizaine de décès officiellement recensés, tout en indiquant que les enquêtes se poursuivent pour établir un bilan définitif.
Pour de nombreux habitants, cette tragédie était pourtant prévisible. Des alertes avaient été lancées depuis plusieurs jours, certains résidents se plaignant d’une odeur inhabituelle et d’un changement de couleur de l’eau.
Incompréhension et colère
La situation suscite une vive indignation au sein de la société civile. Aditya Anand, membre du collectif Scientists for Society, peine à comprendre une telle défaillance :
« Nous avons été choqués d’apprendre qu’au moment où le monde célèbre la nouvelle année, des gens meurent simplement pour avoir bu de l’eau. »
L’indignation est d’autant plus forte qu’Indore a été désignée “ville la plus propre de l’Inde” pendant huit années consécutives, dans le cadre du programme gouvernemental Swachh Survekshan, qui évalue la propreté et la gestion urbaine.
« Comment est-il possible que dans une ville officiellement reconnue pour sa propreté, des habitants meurent après avoir bu de l’eau sans que les autorités ne réagissent à temps ? », s’interroge Aditya Anand.
Retards et défaillances des infrastructures
Les autorités municipales évoquent des retards dans les travaux de réparation du réseau d’eau, laissant entendre qu’une infiltration d’eaux usées aurait contaminé les conduites d’eau potable. Une explication jugée insuffisante par de nombreux observateurs, qui dénoncent un manque de contrôle et de maintenance des infrastructures.
Un problème national
Au-delà du cas d’Indore, ce drame met en lumière un problème structurel majeur en Inde : la sécurité de l’eau potable. À New Delhi, un rapport récent du Central Ground Water Board a révélé la présence inquiétante de traces d’uranium dans certaines eaux distribuées à la population.
Selon le militant social Summy Singh, la situation est alarmante :
« La contamination touche principalement les eaux souterraines. Le rapport recommande un traitement beaucoup plus rigoureux avant toute distribution. »
Une urgence sanitaire et politique
Alors que des millions d’Indiens dépendent quotidiennement de l’eau du robinet ou de sources souterraines, l’affaire d’Indore agit comme un signal d’alarme national. Elle pose avec acuité la question de la responsabilité des autorités locales, de la surveillance sanitaire et des investissements nécessaires pour garantir un accès à une eau réellement potable.
Pour les familles endeuillées, ces débats arrivent trop tard. Mais pour le pays, l’enjeu est désormais clair : éviter que boire un verre d’eau ne devienne un acte mortel.

