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Il droguait les femmes pour qu’elles urinent, les éventuelles victimes de Christian Nègre appelées à se signaler


Rédigé le Jeudi 5 Février 2026 à 17:13 | Lu 54 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


La procureur de la République de Paris a appelé les éventuelles victimes de Christian Nègre à se manifester. L’ancien haut fonctionnaire est accusé d’avoir administré des diurétiques à près de 250 femmes pour les forcer à uriner devant lui


ne histoire « complètement folle » digne « d’un pervers ». Tels étaient les mots employés par l’ancien ministre de la Culture Franck Riester pour qualifier l’affaire Christian Nègre. Aujourd’hui, les potentielles victimes sont appelées à se manifester « au plus vite » auprès des enquêteurs.


Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire de la Culture, a été mis en examen par deux juges d’instruction pour administration de substance nuisible », « violences par personne chargée de mission de service public » ou encore « atteinte à l’intimité ». Entre 2009 et 2018, l’ancien DRH du ministère de la Culture est accusé d’avoir administré des diurétiques pour forcer près de 250 femmes à uriner, sous couvert d’entretiens professionnels.


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D’autres victimes ?
En poste dans la région Grand-Est, il avait été démasqué en 2018 lorsqu’une interlocutrice l’avait surpris en train de la prendre en photo sous la table. Elle avait porté plainte. « L’exploitation de son matériel informatique a permis de découvrir un tableau recensant 181 entretiens avec des femmes, au cours desquels il est apparu qu’il faisait absorber à celle-ci des produits diurétiques dans un café ou thé et attendait qu’elles soient acculées à uriner en sa présence », a décrit jeudi la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.

Parmi les 248 victimes recensées, « au moins 180 personnes se sont déjà constituées parties civiles », ajoute le parquet. Un décompte qui ne semble pas s’arrêter. D’autres femmes continuent à se manifester régulièrement, souligne une source proche du dossier.


La procureure de Paris a appelé « toute victime non encore entendue à se signaler au plus vite auprès de l’OCRVP [l’Office central de répression des violences aux personnes] » et à se constituer partie civile « si elle le souhaite ». Les enquêteurs espèrent pouvoir « faire retour de ces auditions à la fin du mois de mars 2026 » dans le but de procéder à des évaluations et interrogatoires supplémentaires. « La clôture des investigations est attendue d’ici la fin de l’année 2026 », poursuit la procureur


Durée de l’instruction
Cet appel répond en partie aux doléances de plusieurs victimes, qui avaient fait part fin 2025 de leur exaspération face à la durée de l’instruction. Une réunion d’information a été organisée par les juges d’instruction à l’intention de leurs avocats fin janvier, et une autre est prévue au printemps pour les victimes qui se seront constituées parties civiles.


Mais le délai très bref qui a été annoncé aux victimes pour se manifester fait bondir Me Louise Beriot, l’une des avocates, et porte-parole, de la Fondation des femmes. « Ce travail d’investigation aurait dû être mené depuis six ans, nous sommes consternées ! Fixer un délai aux victimes pour arriver dans la procédure, c’est extrêmement choquant », explique celle qui défend aussi plusieurs victimes. « Notre demande principale, ce sont des expertises en bonne et due forme. Les victimes ont les mêmes droits que toutes les parties civiles dans n’importe quelle instruction », insiste-t-elle.


Dans son communiqué, la procureure évoque la mise en place d’un dispositif EEVI (Evaluation des besoins des victimes), déployé par l’association France Victimes et Paris Aide aux victimes. « Celui-ci ne doit pas remplacer les véritables expertises judiciaires, permettant aux femmes d’être reconnues comme victimes et ensuite indemnisées », souligne l’avocate. Cette hâte soudaine, pour des femmes « qui ne sont pas auditionnées par le juge et n’ont pas accès à une expertise » judiciaire, « c’est de la victimisation secondaire pure et simple ! », tempête-t-elle.


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En attendant un procès, certaines victimes ont pu obtenir des indemnisations, notamment en engageant la responsabilité de l’État. Certaines, qui s’étaient rendues au ministère en pensant passer un entretien de recrutement avec Christian Nègre, espéraient aussi bénéficier, dans l’enquête en cours, de la protection fonctionnelle du ministère de la Culture. Elles ont essuyé, début janvier, une fin de non-recevoir au motif qu’elles n’avaient pas la qualité « d’agent public », selon un document consulté par l’AFP.


Lat Soukabé Fall

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