La tension était à son comble au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat lorsque, dans les ultimes instants du match, le Maroc obtient un corner décisif. Sur cette phase arrêtée, Brahim Díaz s’écroule dans la surface après un léger contact avec El Hadji Malick Diouf. Après consultation de la VAR, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo désigne le point de penalty, provoquant une explosion de colère dans le camp sénégalais.
Pourtant, l’origine même de cette action soulève une contestation majeure.
Un hors-jeu déterminant passé sous silence
Sur la phase précédant le corner, Youssef En-Nesyri apparaît en position de hors-jeu manifeste. Placé derrière Mamadou Sarr, l’attaquant marocain ne reste pas passif : il exerce une pression directe sur le défenseur sénégalais, l’obligeant à dégager précipitamment le ballon en corner.
Or, selon les lois du jeu, un joueur en position de hors-jeu qui influence un adversaire ou tire avantage de sa position doit être sanctionné. Dans ce cas précis, l’intervention d’En-Nesyri est déterminante. Sans sa présence, Mamadou Sarr n’est pas contraint de concéder un corner.
Le juge de touche, pourtant bien positionné, ne signale rien. L’action se poursuit, ouvrant la voie à une séquence qui n’aurait jamais dû exister.
Une décision en cascade
Le raisonnement est implacable :
pas de hors-jeu sifflé, donc un corner injustifié ; pas de corner, donc pas de duel dans la surface ; et sans ce duel, aucun penalty possible.
Même en admettant le débat sur la faute reprochée à El Hadji Malick Diouf, celle-ci découle d’une phase entachée d’une erreur arbitrale initiale. En matière d’arbitrage, une décision fondée sur une action irrégulière perd toute sa légitimité.
Incohérence de l’arbitrage et colère sénégalaise
La frustration sénégalaise a été renforcée par un autre épisode : quelques minutes plus tôt, un but des Lions de la Téranga avait été annulé pour une faute jugée légère sur Achraf Hakimi, sans recours à la VAR. Cette différence de traitement a nourri le sentiment d’injustice, dans un contexte où des soupçons d’arbitrage favorable au pays hôte avaient déjà circulé.
La tension est montée d’un cran lorsque les joueurs sénégalais, furieux, ont envisagé de quitter la pelouse sur impulsion de leur sélectionneur Pape Thiaw. Il a fallu l’intervention de Sadio Mané, discutant notamment avec Walid Regragui et Claude Le Roy, pour apaiser la situation et permettre la reprise du jeu.
Une polémique qui restera
Le penalty marocain sera finalement manqué, et le Sénégal s’imposera après prolongation, décrochant un sacre historique. Mais la controverse demeure entière.
Au-delà du tir raté de Brahim Díaz, la vraie question persiste : comment une action entachée d’un hors-jeu aussi évident a-t-elle pu mener à une décision aussi lourde de conséquences ?
Le Sénégal a gagné cette finale malgré l’arbitrage, et non grâce à lui. Une zone d’ombre de plus dans un match qui restera longtemps gravé dans les mémoires du football africain.

