Le directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Momar Ndiaye, a réaffirmé, lundi à Dakar, l’option du gouvernement en faveur d’un partenariat public-privé pour élargir l’accès au logement. Il s’exprimait en marge d’un forum consacré aux enjeux et aux innovations dans le secteur du bâtiment.
Selon lui, l’État accorde une importance majeure à l’implication du secteur privé dans les programmes liés à l’habitat. Il a rappelé que le département met en œuvre un programme national d’accès au logement et de renouveau urbain visant à démocratiser l’habitat et à rénover les quartiers précaires. Le Sénégal compterait environ 9.000 hectares de bidonvilles abritant près de trois millions de personnes.
Il a indiqué qu’une vaste opération de mobilisation foncière a été engagée, avec plus de 20.000 hectares sécurisés à l’échelle nationale. Une partie de ces assiettes sera mise à la disposition du secteur privé afin de permettre le développement de modèles économiques favorisant notamment la production de logements sociaux.
Une autre portion du foncier mobilisé sera attribuée à des sociétés nationales telles que la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM), la Caisse des dépôts et consignations du Sénégal, la Société immobilière du Cap-Vert (SICAP) et la Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine (SAFRU), pour l’aménagement des terrains et la promotion de l’autoconstruction.
Abordant la question du marché locatif, il a souligné que Dakar concentre plus du quart de la population nationale, avec une densité estimée à 5.800 habitants au kilomètre carré, ce qui accentue la pression sur les loyers. Il estime nécessaire de renforcer l’équité territoriale et d’identifier clairement bailleurs et locataires afin de faciliter la régulation des loyers et l’application des taxes prévues, notamment la contribution globale foncière.
Le responsable a également insisté sur la sécurisation foncière comme condition essentielle d’une politique efficace du logement, expliquant qu’un foncier sécurisé permet aux bénéficiaires d’accéder plus facilement au crédit.
Enfin, il a indiqué que cette nouvelle orientation vise à corriger les limites des politiques antérieures, jugées trop centrées sur la classe moyenne solvable, et à élargir l’accès au logement à l’ensemble des Sénégalais, en particulier aux couches vulnérables.
aps
