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Étude de SURA : les causes des inondations à Matam liées au climat et à l’occupation des zones inondables


Rédigé le Jeudi 28 Août 2025 à 20:02 | Lu 51 fois Rédigé par


Une étude de SURA révèle que les inondations à Matam sont aggravées par le changement climatique et l’occupation de zones inondables, appelant à des solutions locales.


 

Une étude réalisée par l’organisme de recherche américain Sustainable and Resilient Africa (SURA), publiée jeudi, met en lumière les différentes causes des inondations dans la commune de Matam (nord). Parmi celles-ci figurent notamment l’anthropisation progressive du milieu et l’occupation de zones non aedificandi, soumises aux crues.

Selon le professeur Seydou Alassane Sow, enseignant-chercheur et maître de conférences à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), “le site de Matam demeure vulnérable à la crue en raison de plusieurs facteurs, dont le changement climatique et l’occupation des terres inondables par l’homme”.

Le Pr Sow, qui a pris part à cette étude, s’exprimait lors d’un atelier de sensibilisation et d’engagement citoyen sur les défis du changement climatique, au cours duquel les résultats de l’enquête ont été présentés.

Il a souligné que l’installation progressive des populations dans des zones à risques morpho-dynamiques, en particulier sur la rive gauche du fleuve Sénégal, contribue fortement aux inondations.

Pour y remédier, le géographe et géomorphologue recommande des solutions comme le colmatage des zones inondées, la mise en place de diguettes, l’assistance régulière aux populations et une surveillance renforcée des données hydrologiques et pluviométriques.

Il précise que l’objectif de l’étude était d’identifier les causes et manifestations des inondations afin de rechercher des solutions locales. “Nous avons constaté que les populations vivent dans la détresse, la désolation et une psychose permanente. Avec les prévisions de cette année, le risque de revivre la même situation est réel, d’où l’urgence d’adopter des mesures favorisant la résilience”, a-t-il ajouté.

De son côté, Assiétou Ndiaye, représentante de SURA, a indiqué que cette recherche s’appuie sur une démarche socio-anthropologique visant à évaluer l’impact des inondations sur les populations. Elle met en avant les conséquences sanitaires, économiques et matérielles qui en découlent.

“Ces résultats serviront de base à un plaidoyer pour obtenir des financements destinés à soutenir les populations et à mettre en œuvre des politiques de réduction des inondations”, a-t-elle déclaré.

Elle a également insisté sur la volonté de SURA de poursuivre son action en formant des jeunes afin de renforcer leur engagement citoyen dans la prévention des risques.

Cette étude a été conduite par le Pr Sow et la socio-anthropologue Dr Aminata Niang Ndiaye, directrice exécutive de SURA, organisme basé aux États-Unis qui finance des recherches en faveur de la justice climatique.