Réunis autour de leur collectif, ces anciens agents dénoncent une situation qu’ils jugent injuste et difficilement supportable. Selon eux, malgré les multiples démarches entreprises auprès des autorités, aucune solution définitive n’a encore été trouvée pour solder ce dossier qui concerne plusieurs centaines de travailleurs.
Des années de service sans reconnaissance complète
Ces anciens cheminots rappellent avoir consacré une partie importante de leur vie au fonctionnement du réseau ferroviaire national. Affectés à différentes tâches dans les gares, les ateliers et les services techniques, ils affirment avoir contribué au développement du transport ferroviaire au Sénégal.
Mais après les différentes mutations du secteur, notamment les restructurations ayant touché la Régie des chemins de fer, beaucoup d’entre eux disent s’être retrouvés dans une situation précaire, sans bénéficier pleinement des avantages liés à leurs années de travail.
« Nous avons travaillé pour le chemin de fer. Nous avons participé à son fonctionnement pendant des années. Aujourd’hui, nous demandons simplement que nos droits soient respectés », martèlent des membres du collectif.
Un contentieux financier de plusieurs milliards
Au cœur de leurs revendications figure notamment la question des droits sociaux et des cotisations liées à leur retraite. Les ex-temporaires évoquent une dette sociale qui se chiffre à plusieurs milliards de francs CFA et demandent à l’État de prendre ses responsabilités.
Pour ces anciens travailleurs, il ne s’agit pas d’une faveur mais d’une réparation d’une situation qu’ils considèrent comme une injustice. Certains expliquent avoir atteint un âge avancé sans disposer d’une pension leur permettant de vivre dignement.
Des familles plongées dans l’inquiétude
Derrière les chiffres, ce sont des histoires humaines qui se cachent. Plusieurs anciens agents témoignent des difficultés rencontrées au quotidien : prise en charge médicale, soutien aux familles, charges courantes…
Pour beaucoup, le temps joue contre eux. Certains camarades de lutte sont décédés sans avoir vu le règlement de ce dossier, une situation qui renforce leur détermination à obtenir une issue favorable.
Thiès, une ville marquée par l’histoire ferroviaire
La mobilisation de ces anciens travailleurs revêt une dimension particulière à Thiès. La ville a été pendant des décennies un symbole du chemin de fer en Afrique de l’Ouest. Ses ateliers ferroviaires ont formé plusieurs générations de techniciens et d’ouvriers spécialisés.
Aujourd’hui, la disparition progressive de certains emplois liés au rail reste un sujet sensible pour de nombreuses familles thiessoises qui ont construit leur histoire autour du train.
Un nouvel appel aux autorités
Face à l’absence de règlement définitif, les ex-temporaires lancent un nouvel appel aux pouvoirs publics. Ils demandent l’ouverture d’un dialogue sérieux afin de trouver une solution durable à leur situation.
Ils préviennent que leur mobilisation va se poursuivre jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Pour eux, le combat dépasse leur propre génération : il concerne également la mémoire de tous ceux qui ont contribué à faire vivre le chemin de fer sénégalais.
À Thiès, l’affaire des ex-temporaires de la Régie des chemins de fer reste donc un dossier social toujours ouvert, symbole d’une longue attente et d’une promesse de justice que ces anciens cheminots espèrent voir enfin se réaliser.