Les indemnités accordées variaient selon les catégories, l’ancienneté et la situation professionnelle de chaque agent. À l’échelle nationale, une enveloppe globale de plus de 3 milliards de francs CFA avait été mobilisée pour accompagner cette première vague de départs.
« Les montants variaient selon les catégories. Mais l’enveloppe annoncée a été respectée. Les engagements pris dans le cadre du plan ont été honorés. »
Des indemnités destinées à financer de nouveaux projets
Pour les membres du collectif, le principal avantage de ce plan réside dans la possibilité offerte aux anciens travailleurs de préparer leur reconversion et de financer de nouvelles activités économiques.
Lamine Thior explique que plusieurs bénéficiaires ont déjà investi une partie de leurs indemnités dans des projets individuels ou collectifs. Certains auraient lancé des commerces, des services ou d’autres activités génératrices de revenus.
« Avec la situation difficile que traversait La Poste, nous vivions beaucoup de problèmes. Aujourd’hui, les montants obtenus nous permettent de réaliser nos projets. Des personnes sont déjà en train de s’en sortir et de tirer profit de leur reconversion. »
Le collectif souhaite désormais encadrer cette nouvelle étape afin d’éviter que les anciens postiers ne se retrouvent isolés après leur départ de l’entreprise.
Assurances, mutuelle de santé et projet d’habitat
Parmi les acquis évoqués figurent également les assurances liées au plan de départ. Le collectif indique que les démarches engagées auprès de ses partenaires sont en cours de finalisation.
Les anciens agents envisagent, en parallèle, de formaliser leur organisation pour mettre en place des mécanismes de solidarité et de protection sociale.
« Nous avons obtenu nos assurances. Nous préparons actuellement la formalisation du collectif. Cela pourra nous permettre de créer une mutuelle de santé, une mutuelle d’épargne et, pourquoi pas, de travailler sur un projet d’habitat. »
Cette structuration devrait également faciliter l’accompagnement des anciens travailleurs dans leurs démarches administratives, leurs investissements et leurs projets professionnels.
Le collectif prend la défense de la Direction générale
Répondant aux critiques dirigées contre la Direction générale actuelle de La Poste, Lamine Thior estime que les attaques ne reflètent pas les efforts accomplis dans le cadre du plan de redressement.
Selon lui, l’équipe dirigeante a contribué à rationaliser certaines dépenses, à réduire la pression exercée par la masse salariale et à permettre la mise en œuvre du départ négocié.
« Depuis son arrivée, le directeur général est parvenu à rationaliser les dépenses et à engager le redressement de La Poste. Ce départ négocié a permis de désengorger l’entreprise tout en accordant des avantages aux agents qui ont choisi de partir. »
Le coordonnateur dit ne pas comprendre certains reproches formulés contre la direction, rappelant que les membres de son collectif ont vécu de l’intérieur les difficultés financières et organisationnelles du Groupe La Poste.
« Nous étions à La Poste et nous avons vécu la situation. Aujourd’hui, nous reconnaissons que ce plan nous a permis de partir avec des conditions avantageuses. »
Un appel à l’État pour sauver et relancer La Poste
Malgré leur départ, les membres du collectif affirment rester profondément attachés à l’entreprise publique. Ils demandent à l’État de poursuivre les mesures de restructuration et d’accompagner durablement le Groupe La Poste.
Le collectif souhaite notamment la relance des activités postales traditionnelles, la modernisation des services, la protection du domaine réservé à La Poste et une meilleure régulation de la concurrence.
« Nous demandons à l’État d’accompagner La Poste, de la restructurer et de relancer ses activités. Il faut également la protéger contre la concurrence déloyale. Aujourd’hui, même certains produits réservés à La Poste sont concurrencés. »
Cette préoccupation rejoint certaines orientations retenues dans le plan gouvernemental de redressement du Groupe La Poste, qui prévoit notamment la rationalisation des effectifs, la modernisation de la gouvernance, la digitalisation des services et un renforcement de la régulation du secteur postal.
« Un postier pour toujours »
Pour Lamine Thior, quitter administrativement l’entreprise ne signifie pas rompre les liens affectifs et professionnels construits durant plusieurs années de service.
« Nous sommes partis de La Poste, mais un postier reste un postier pour toujours. Nous faisons partie de cette grande famille et nous voulons voir l’entreprise se relever. »
À travers cette sortie, le Collectif national des ex-agents issus du Plan de départ volontaire négocié entend donc défendre les acquis obtenus, accompagner la reconversion de ses membres et appeler à une poursuite du dialogue entre l’État, la Direction générale et les travailleurs restés en fonction.
Regardez l’intégralité du point de presse des anciens travailleurs de La Poste tenu à Thiès.
Thiesinfo
