Le ministère sud-coréen de la Défense a précisé que les projectiles ont été détectés aux alentours de 7 h 50 (heure locale) depuis la région de Pyongyang, en direction de la mer de l’Est, appelée mer du Japon par le Japon. Le ministère japonais de la Défense a confirmé le lancement, signalant la chute du missile présumé vers 8 h 08 (heure locale). La zone exacte de retombée n’a pas été rendue publique.
« Le développement nucléaire et balistique de la Corée du Nord constitue une menace pour la paix régionale et mondiale, et est absolument intolérable », a déclaré le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi.
Pour certains analystes, ce lancement pourrait être une réponse de Pyongyang aux événements au Venezuela. Hong Min, expert à l’Institut coréen pour l’unification nationale, estime que « ce tir reflète probablement la pression ressentie par Pyongyang face à la situation au Venezuela », après l’opération américaine qui a conduit à la capture de Maduro.
L’analyste souligne également que « le message implicite est clair : attaquer la Corée du Nord ne serait pas aussi simple que de frapper le Venezuela ». Lee Il-kyu, ancien diplomate nord-coréen ayant fait défection en 2023, a commenté sur les réseaux sociaux que son pays pourrait « tirer une leçon des actions récentes des États-Unis ».
Cette manœuvre survient aussi avant le déplacement du président sud-coréen Lee Jae Myung vers la Chine pour un sommet avec Xi Jinping, où l’influence de Pékin pourrait jouer un rôle pour améliorer les relations avec Pyongyang.
Ces derniers mois, la Corée du Nord a intensifié ses essais militaires : construction de sous-marins nucléaires, tests de missiles de croisière longue portée et augmentation de la production d’armes. Le précédent tir de missile balistique remontait à novembre 2025, après le feu vert de Donald Trump à la Corée du Sud pour construire ses propres sous-marins nucléaires.
Dans les semaines à venir, Pyongyang tiendra son premier congrès en cinq ans du Parti des travailleurs, où la stratégie militaire et économique du pays devrait être discutée. Samedi dernier, Kim Jong-un s’est de nouveau rendu dans une usine de matériel militaire, ordonnant une augmentation de 250 % de la production d’armes tactiques guidées.
