Principaux points du projet de loi
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Peines plus sévères : la prison pourrait passer de 5 à 10 ans, et les amendes de 1,5 million à 10 millions de F CFA.
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Extension des sanctions : toute personne ou organisation promouvant l’homosexualité (films, télévision, publications, etc.) serait également visée.
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Protection contre les accusations calomnieuses : toute dénonciation sans preuve d’un comportement homosexuel entraînerait 2 à 3 ans de prison et une amende de 200 000 à 500 000 F CFA.
Le ministre de la Culture, Amadou Ba, a précisé que la loi vise à défendre les « mœurs, coutumes et culture sénégalaises ».
Réactions et critiques
La mesure survient quelques jours après l’arrestation de plusieurs hommes accusés d’« actes contre nature » et de transmission volontaire du VIH.
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Des inquiétudes pour la communauté LGBT : certains exilés et militants dénoncent une traque accrue. Un jeune Dakarois exilé en France confie : « Certaines personnes ont peur car elles se disent chaque jour un peu plus qu'elles risquent d'être arrêtées. Cette loi va encourager certaines personnes à se rendre à la police pour apporter des preuves. »
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Human Rights Watch met en garde contre les conséquences : « Criminaliser la promotion et le financement de l’homosexualité pourrait gravement limiter la liberté d’expression, d’association et l’accès aux soins de santé. Les ONG luttant contre le sida risquent d’être empêchées de travailler avec les populations à risque. »
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Accusations d’homophobie politique : Alex Müller, directrice des questions LGBT chez HRW, estime que le gouvernement utilise la communauté LGBT comme cible pour détourner l’attention de la population.
Le projet de loi reste donc en attente de validation par les députés avant de devenir effectif.
