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L'Actualité au Sénégal

À Diourbel, la flambée des loyers complique l’accès au logement


Rédigé le Mercredi 18 Février 2026 à 13:29 | Lu 49 fois Rédigé par


À Diourbel, la hausse des loyers et la rareté des maisons à louer mettent les habitants sous pression, entre spéculation, coûts de construction et forte demande.


 

Se loger devient de plus en plus difficile à Diourbel, au centre du Sénégal. Dans la capitale du Baol, les offres de location se raréfient et les loyers affichés dépassent souvent les capacités financières de nombreux ménages.

Au quartier Keur Cheikh, Moussa Ndiaye, fonctionnaire, témoigne de ses difficultés. Il explique qu’il louait, il y a trois ans, une maison à 60 000 francs CFA. Aujourd’hui, pour un logement similaire, les prix oscillent entre 100 000 et 120 000 francs CFA. « Mon salaire n’a pas suivi », regrette-t-il, dénonçant également le manque d’application de la réglementation annoncée par les autorités successives.

Comme lui, plusieurs habitants évoquent une spéculation croissante sur les loyers. Aïssatou Fall, mère de famille, pointe du doigt le rôle des intermédiaires. Selon elle, certains courtiers entretiennent la concurrence entre candidats à la location pour faire grimper les prix, tout en exigeant une commission.

Du côté des propriétaires, la hausse des loyers est justifiée par l’augmentation des coûts de construction. Un bailleur, devant son immeuble récemment achevé, évoque la flambée des prix du ciment, du fer et du béton, ainsi que le coût de la main-d’œuvre. Il mentionne aussi les charges d’entretien, les factures d’eau et d’électricité des parties communes et les réparations régulières.

Des observateurs locaux estiment que la pression sur le marché locatif est également liée à la présence de nombreux services déconcentrés de l’État dans la ville. Les agents publics affectés à Diourbel, souvent à la recherche rapide d’un logement, accepteraient des loyers plus élevés, contribuant à tirer les prix vers le haut.

La croissance démographique et l’expansion urbaine renforcent par ailleurs la demande, accentuant le déséquilibre entre l’offre et les besoins.

Face à cette situation, des locataires appellent à une intervention des pouvoirs publics. Ils plaident pour un encadrement des loyers et une régulation des commissions des courtiers. « Se loger est un besoin essentiel. Il faut protéger les citoyens », estime Abdoulaye Diouf, appelant les autorités à soutenir davantage les familles.

En attendant d’éventuelles mesures, de nombreux ménages continuent de consacrer une part importante de leurs revenus au logement, dans une ville où accéder à une habitation décente devient, pour certains, un véritable luxe.




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