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Veille de Tabaski à Thiès : le cauchemar silencieux des pères de famille


Rédigé le Jeudi 21 Mai 2026 à 01:13 | Lu 26 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


À l’approche de la Tabaski, Thiès s’enfonce dans une tension sociale palpable. Dans les rues, les marchés et les foyers, une même angoisse revient avec insistance : celle des pères de famille, pris au piège entre traditions religieuses et réalité économique implacable.


Des pères de famille sous pression extrême

Pour beaucoup de chefs de ménage, cette période n’a rien d’une fête. Elle ressemble plutôt à une course contre un mur invisible. Le regard fatigué, les poches vides et la tête pleine de calculs impossibles, ils tentent encore de répondre à une obligation sociale devenue lourde : ramener un mouton, nourrir la famille, maintenir la dignité.
 

Un chauffeur de taxi rencontré en ville résume ce que vivent des milliers d’hommes : chaque jour qui passe rapproche un peu plus de l’échec. Entre les dépenses quotidiennes, les dettes déjà accumulées et les prix qui flambent, l’idée même de célébrer la Tabaski devient un stress permanent.
 

Le poids écrasant de la cherté de la vie

Dans les marchés de Thiès, les scènes se répètent. Les pères de famille marchent lentement, observent les prix, puis repartent souvent sans acheter. Certains négocient longuement, d’autres renoncent dès le premier devis. Le mouton de Tabaski, symbole de sacrifice et de partage, devient pour beaucoup un luxe inaccessible.
 

Une inflation persistante sur les denrées de base aggrave encore la situation. Riz, huile, oignons, viande : tout semble hors de portée pour des ménages déjà fragilisés. Pour certains pères, le dilemme est cruel : nourrir la famille au quotidien ou économiser pour une fête qui approche à grands pas.
 

Une détresse familiale silencieuse

Derrière chaque père de famille se cache une pression invisible. Celle des enfants qui attendent la fête, celle des épouses qui observent les comptes sans oser trop demander, et celle de la société qui juge silencieusement ceux qui ne “réussissent pas” la Tabaski.
 

Dans plusieurs quartiers populaires, des hommes avouent leur honte, leur fatigue morale, parfois leur désespoir. Ils parlent de nuits sans sommeil, de dettes contractées à la dernière minute, et de promesses difficiles à tenir.
 

Des marchés témoins d’un malaise profond

Au marché central et dans les autres points de vente de Thiès, les commerçants eux-mêmes reconnaissent la gravité de la situation. Les ventes se font lentement, les clients négocient âprement, et les achats sont souvent réduits au strict minimum.
 

Cette ambiance traduit une réalité simple : le pouvoir d’achat ne suit plus. Et dans ce contexte, les pères de famille deviennent les premières victimes d’un système économique sous tension.
 

Entre dignité et impasse

Malgré tout, beaucoup refusent d’abandonner. Ils s’accrochent à l’idée de faire honneur à la fête, même modestement. Certains s’endettent, d’autres comptent sur la solidarité familiale ou communautaire.
 

Mais pour une grande partie d’entre eux, cette veille de Tabaski ressemble à un véritable cauchemar : celui de vouloir remplir un devoir social et religieux, sans en avoir les moyens. À Thiès, derrière les préparatifs visibles, se joue surtout une bataille intérieure que des milliers de pères de famille mènent en silence.



Lat Soukabé Fall

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