À l’instar de ses collègues, le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, s’est exprimé mardi lors du point de presse gouvernemental pour livrer sa lecture des événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Se voulant transparent, il a à la fois dénoncé les excès observés lors des interventions sécuritaires et partagé des informations jugées alarmantes concernant le climat sur le campus.
D’entrée, le ministre, avocat de formation, a tenu à marquer sa position. « Ce n’est pas conforme à notre éducation ni à notre parcours », a-t-il déclaré, affirmant vouloir s’exprimer avec franchise, dans un esprit de sincérité et de responsabilité.
S’il a reconnu avoir été profondément affecté par certains faits constatés lors des affrontements de lundi, Bamba Cissé a expliqué que le déploiement des forces de défense et de sécurité (FDS) répondait à des alertes précises. Selon lui, des renseignements fiables faisaient état de projets visant les infrastructures du campus social.
« Nous avons reçu des informations indiquant que des personnes s’apprêtaient à s’en prendre aux installations universitaires », a-t-il révélé, précisant qu’un début de dégradation aurait concerné le restaurant self et le restaurant central aux alentours de 7 heures du matin.
Le ministre a indiqué que des actions devaient être menées très tôt, entre 6 heures et 6 h 30. Il a rappelé que l’administration universitaire avait autorisé l’accès aux restaurants sur présentation de tickets, conformément aux règles en vigueur. Toutefois, selon ses propos, des réunions nocturnes auraient eu lieu, au cours desquelles certains auraient décidé de refuser ce dispositif et d’entrer de force dans les restaurants pour se servir, avec la menace de saccager les lieux en cas de résistance.
Pour autant, Bamba Cissé n’a pas éludé les actes commis lors des opérations de maintien de l’ordre. Il a reconnu que des violences avaient été constatées des deux côtés, y compris de la part des forces de sécurité. « En tant qu’autorité, ce sont des comportements que je ne peux pas accepter », a-t-il affirmé.
Rappelant sa position de principe, le ministre a souligné que, si l’État dispose de moyens pour faire respecter l’ordre, leur usage doit rester mesuré, proportionné et strictement nécessaire. Il a insisté sur le fait qu’aucun dépassement ne saurait être toléré.
Une procédure d’enquête a été ouverte, et le ministre de l’Intérieur a assuré qu’il agira avec fermeté lorsque des responsabilités seront établies, affirmant qu’il n’y aurait « aucune hésitation » au moment de prendre les mesures qui s’imposent.