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Trafic de migrants et exploitation sexuelle : une ressortissante nigériane déférée à Kédougou


Rédigé le Dimanche 8 Février 2026 à 11:34 | Lu 38 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré, le 2 février 2026, une ressortissante nigériane devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kédougou pour des faits présumés de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle.


L’opération fait suite à une information opérationnelle faisant état de l’arrivée clandestine d’une jeune fille d’origine nigériane dans le village de Baytilaye, dans la région de Kédougou.

Selon les renseignements recueillis, la victime aurait été acheminée au Sénégal dans un but d’exploitation sexuelle.
Dépêchés sur les lieux, les agents de la DNLT ont procédé à l’interpellation de la mise en cause à son domicile, où elle hébergeait la jeune fille.

Après notification de ses droits, l’audition de la suspecte a permis de mettre au jour l’existence d’un réseau criminel structuré et transnational, opérant entre le Nigeria, le Bénin, le Mali et le Sénégal.
 
La mise en cause a reconnu avoir « acquis » la jeune fille au Nigeria pour la somme de 200 000 FCFA auprès d’un complice.

Avec l’aide de collaborateurs basés à Cotonou et au Mali, elle aurait facilité l’établissement de documents administratifs falsifiés, notamment une carte d’identité nigériane et un carnet de vaccination, afin de permettre à la victime de franchir les frontières sans éveiller de soupçons.
 
Le trajet aurait ensuite été sécurisé par des relais au Mali avant l’arrivée finale à Kédougou. Entendue par les enquêteurs, la victime a confirmé l’ensemble des faits. Elle a déclaré être soumise à une prostitution quotidienne sous contrainte, sans disposer de ses revenus.
Selon son témoignage, une dette de 500 000 FCFA lui avait été imposée par sa logeuse, présentée comme des « frais de voyage ». Jusqu’au remboursement intégral de cette somme, la jeune fille était tenue de reverser l’intégralité de ses gains, une situation assimilable à un état de servitude pour dette, caractéristique des infractions de traite des êtres humains.
 
La mise en cause a été déférée au parquet, tandis que la victime a été prise en charge par les services compétents en vue de sa protection et de son accompagnement.


Lat Soukabé Fall

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