La Chambre criminelle de Thiès a examiné, ce lundi, le dossier d’un ressortissant burkinabè poursuivi pour des faits graves commis sur la personne de l’un de ses compatriotes. Les événements remontent au mois de décembre 2022 dans la ville de Thiès.
D’après l’acte d’accusation, l’affaire trouve son origine dans un différend professionnel marqué par une forte rivalité. L’accusé aurait mal vécu la décision de leur employeur de lui retirer la gestion d’un champ au profit de la victime, une situation qui aurait nourri un profond ressentiment.
À la barre, le mis en cause a rejeté toute idée de préméditation. Il a soutenu que la victime occupait une place fraternelle dans sa vie. Selon sa version, une altercation anodine liée à la préparation d’un repas aurait dégénéré. Il affirme avoir été frappé en premier avant de se défendre à l’aide d’un bâton, porté à la tête de son interlocuteur, lequel serait tombé au sol. Il dit avoir quitté les lieux pour se rendre au champ et avoir découvert, à son retour, que la victime était décédée.
Pris de panique après les faits, l’accusé a reconnu avoir tenté de dissimuler le décès en laissant croire à l’entourage que la victime avait quitté la zone. Il a également admis avoir transporté le corps et l’avoir abandonné dans un dépôt d’ordures afin d’effacer les traces. La dépouille a par la suite été découverte par des enfants qui jouaient non loin de là.
Entendu comme témoin, l’employeur des deux hommes a expliqué avoir été alerté par l’absence prolongée de la victime. Après avoir interrogé l’accusé, ce dernier lui aurait indiqué que son collègue était simplement sorti. Quelques jours plus tard, il a reçu une vidéo montrant un corps abandonné près du champ, qu’il a formellement identifié.
Le représentant du ministère public a sévèrement critiqué le comportement de l’accusé après les faits, estimant que les actes de dissimulation, notamment des effets personnels de la victime, démontraient une parfaite lucidité. Le parquet a ainsi requis la requalification des faits initialement poursuivis et a demandé une peine de vingt ans de réclusion criminelle.
L’affaire a été mise en délibéré. La décision de la juridiction est attendue le 9 mars 2026.
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