Deux hommes comparaissaient ce vendredi devant la justice. Le premier, S. Kâ, âgé de 22 ans et éleveur, est poursuivi pour le vol de deux bœufs appartenant à son propre oncle. Le second, C.T. Kébé, commerçant de profession, est poursuivi pour recel, soupçonné d'avoir tenté d'acheter l'un des animaux en sachant qu'il provenait d'un vol.
À la barre, S. Kâ n'a pas totalement nié les accusations. Le jeune homme a toutefois contesté une partie des faits qui lui sont reprochés.
Selon lui, il n'a jamais dérobé deux bœufs comme l'affirme l'accusation, mais un seul. Il reconnaît avoir agi sous la pression de difficultés financières.
« J'avais un problème d'argent. J'ai pris un seul bœuf appartenant à mon oncle pour tenter de résoudre cette situation », a-t-il expliqué devant les magistrats.
Cet aveu partiel confirme néanmoins qu'un animal appartenant à son oncle a bien été soustrait sans autorisation, même si le nombre exact de bêtes volées reste au cœur du débat judiciaire.
Le dossier a pris une tournure inattendue avec les déclarations du second prévenu.
C.T. Kébé affirme être un commerçant qui cherchait simplement à acheter un bœuf en prévision de la Tamkharite, période durant laquelle la demande en viande augmente considérablement.
Selon ses explications, un intermédiaire nommé Elhadji l'aurait mis en contact avec S. Kâ afin de conclure la vente.
Après plusieurs discussions, les deux hommes seraient tombés d'accord sur un prix de 450 000 francs CFA.
Le commerçant raconte s'être déplacé jusqu'à une bergerie pour récupérer l'animal. Mais au moment de finaliser la transaction, un événement inattendu se produit : le bœuf réussit à s'échapper.
Impossible dès lors de repartir avec l'animal.
Les personnes présentes lui auraient demandé de revenir le lendemain afin de récupérer la bête une fois retrouvée.
Le lendemain, C.T. Kébé revient comme convenu, pensant simplement terminer l'achat.
Mais au lieu de repartir avec le bœuf, il est interpellé par les policiers.
Les enquêteurs soupçonnent alors que l'animal proposé à la vente provenait d'un vol.
Face au tribunal, le commerçant affirme avoir été totalement trompé.
« J'ai remis les 450 000 francs CFA, mais je n'ai jamais récupéré le bœuf. Je ne savais absolument pas qu'il s'agissait d'un animal volé », a-t-il déclaré pour sa défense.
Il soutient avoir agi de bonne foi et rejette toute implication dans un éventuel trafic de bétail.
Malgré les explications des deux prévenus, le représentant du ministère public a estimé que les éléments du dossier étaient suffisamment solides.
Le procureur de la République a ainsi requis quatre années d'emprisonnement ferme contre chacun des deux hommes, considérant que les infractions de vol et de recel étaient caractérisées.
Après avoir entendu les différentes versions des faits, le tribunal a décidé de mettre l'affaire en délibéré.
La décision sera rendue à une date ultérieure et permettra de déterminer si le jeune éleveur sera reconnu coupable du vol des deux bœufs ou seulement de celui qu'il reconnaît avoir pris, ainsi que le degré de responsabilité du commerçant dans cette transaction avortée.
