Réunis à Thiès, les membres du Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal (CRAFS) ont lancé une démarche d’évaluation stratégique des nouvelles orientations en matière de gouvernance foncière. Cette initiative vise à identifier les choix les plus pertinents pour aboutir à une réforme efficace du système foncier national.
Présent lors de la rencontre, Séckou Omar Diédhiou, directeur de la promotion du développement territorial et représentant du ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, a indiqué que cette rencontre permettait de rassembler les acteurs territoriaux autour d’un diagnostic partagé.
La retraite organisée jeudi portait sur l’état d’avancement des dynamiques et politiques liées à la gouvernance foncière, dans la perspective d’une transformation du cadre actuel. Le représentant de l’État a affirmé avoir pris en compte les préoccupations exprimées par les organisations participantes, ainsi que celles de la société civile, qu’il considère comme un partenaire stratégique.
Il a rappelé que des concertations ont déjà été engagées dans le cadre de l’Acte 4 de la décentralisation et de la réforme des pôles territoires. Selon lui, ces discussions ont été menées à travers le pays avec l’implication de la société civile, lors de rencontres et journées d’échanges.
D’après Séckou Diédhiou, la question foncière, perçue comme une ressource territoriale sensible et centrale, est intégrée dans les réflexions liées à l’Acte 4 et à la réorganisation des pôles territoires. Il a néanmoins précisé que la gestion du foncier ne relève pas exclusivement de son ministère, même si celui-ci intervient sur les plans juridique et organisationnel.
Le représentant du ministre a également évoqué la mise en place d’un cadre de réflexion destiné à définir une méthode appropriée et à orienter les décisions vers une réforme jugée satisfaisante pour le pays.
De son côté, Amadou Kanouté, directeur exécutif de Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement et membre du CRAFS, s’est exprimé sur la question de l’immatriculation foncière. Revenant sur les positions défendues par le cadre, il a exclu l’option d’une immatriculation généralisée conférant un droit de propriété irrévocable.
Il a souligné la nécessité d’élaborer des politiques tenant compte des capacités financières limitées d’une grande partie des populations. Selon lui, la réforme doit permettre de mobiliser des ressources locales afin de soutenir un développement inclusif, sans marginaliser les communautés de base qui en sont les premières bénéficiaires.
