À l’approche de la Tabaski, les autorités sénégalaises intensifient les préparatifs afin de garantir un approvisionnement satisfaisant du marché en moutons et limiter les difficultés rencontrées lors des précédentes éditions.
Réuni ce vendredi au Building administratif Président Mamadou Dia, le Conseil interministériel consacré à l’organisation de la fête a examiné plusieurs questions liées à la sécurité, au transport du bétail, à l’aménagement des points de vente, au financement des opérateurs ainsi qu’à la régulation des prix.
La rencontre, dirigée par Boubacar Camara, ministre secrétaire général du gouvernement, a permis de faire le point sur les directives fixées par le Premier ministre Ousmane Sonko pour la préparation de la Tabaski 2026.
Selon les chiffres présentés, l’édition précédente avait enregistré 987 306 moutons dans les 296 marchés suivis, dépassant ainsi l’objectif initial de 830 000 têtes. Plus de 70 % de cette offre provenait de la production locale, tandis que le reste était importé, notamment du Mali et de la Mauritanie.
Malgré ces résultats, plusieurs difficultés persistent, parmi lesquelles le manque d’espaces aménagés dans le département de Dakar, l’installation irrégulière de certains foirails, l’augmentation des coûts du transport et de l’aliment de bétail, ainsi que les lenteurs dans le financement des opérateurs.
Pour faire face à ces contraintes, le gouvernement prévoit de renforcer la sécurisation des circuits de commercialisation. Les ministères des Forces armées et de l’Intérieur devront notamment assurer la sécurité au niveau des axes de convoyage, des frontières et des points de vente.
Les autorités ont également annoncé le maintien des exonérations de droits et taxes sur les moutons destinés à la fête, ainsi qu’un encadrement des coûts de transport afin de limiter les spéculations. Des dispositions sont aussi prévues pour faciliter le transit du bétail à travers la Gambie vers les régions du sud du Sénégal.
Concernant les marchés à bétail, des sites autorisés seront aménagés avec des points d’eau temporaires, des dispositifs d’éclairage et des moyens de nettoyage. Des postes médicaux avancés et des équipes chargées de la prévention sanitaire y seront également déployés.
Le ministère du Commerce devra encadrer les prix de l’aliment de bétail et surveiller les pratiques spéculatives. Il sera aussi chargé de veiller à l’approvisionnement du marché en produits liés à la fête, notamment l’huile et l’oignon.
Sur le plan financier, les autorités souhaitent accélérer la mise à disposition des crédits destinés aux opérateurs engagés dans l’opération Tabaski. Banque Agricole du Sénégal, la BNDE, la DER ainsi que plusieurs structures de microfinance ont été sollicitées pour accélérer le traitement des dossiers.
À plus long terme, le gouvernement ambitionne de renforcer la production nationale. Le ministère de l’Agriculture a ainsi reçu pour mission de préparer un programme de production fourragère à grande échelle et un plan visant l’autosuffisance du Sénégal en moutons de Tabaski.
