Après avoir encaissé l’argent, le prévenu a affirmé devoir commander les bœufs en France, évoquant la collaboration d’une association d’importateurs présidée par son oncle. Toutefois, aucune preuve concrète de cette commande n’a été produite au dossier.
Selon l’accusation, au lieu de respecter son engagement, M. Ba se serait rendu en vacances au Maroc, où il aurait dépensé l’intégralité de la somme avant de rentrer au Sénégal.
À la barre, le vétérinaire n’a pas nié avoir reçu l’argent, mais a expliqué avoir été confronté à une rupture de commandes, ce qui l’aurait poussé à utiliser les fonds à d’autres fins, en attendant une reprise des importations.
Des explications jugées peu crédibles par l’avocat de la partie civile, qui a dénoncé une manœuvre frauduleuse et réclamé 15 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Le procureur de la République, quant à lui, a exprimé de sérieux doutes sur la bonne foi du prévenu, estimant qu’aucune commande n’avait réellement été effectuée. Il avait requis un an de prison ferme.
Après délibération, le tribunal a requalifié les faits d’escroquerie en abus de confiance, reconnu M. Ba coupable et prononcé une peine de six mois d’emprisonnement ferme, assortie d’une condamnation pécuniaire de 13 millions de francs CFA au profit de la victime.
